Hanouka : la fête du non-dit

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Le conflit entre Yéhouda et Yossef pose problème. Comment dix frères si tsadikim peuvent-ils se permettre de prendre leur frère Yossef, l’ainé de Rahel, et vouloir le tuer ? Ces dix frères étaient des personnalités. Ils étaient de grands hommes au niveau éthique et sagesse. Ils étaient les enfants de Yaacov. Comment en sont-ils arrivés à jeter l’aîné de Rahel dans un puit et le mener directement vers la mort ?

Pour comprendre cela, il faut chercher l’erreur qui a été commise. Le Chla HaKadoch exprime cette erreur. Avant de l’évoquer, nous voyons qu’il y a une relation avec Hanouka. On va tout d’abord apporter un autre éclaircissement sur Hanouka.

Hanouka est la fête des lumières qui a lieu pendant la période du ‘hochekh, de l’obscurité L’exil grec correspond à l’obscurité. C’est pourquoi Hanouka tombe toujours les jours les plus courts de l’année. Ce sont les jours les plus obscurs.

La puissance de Hanouka est de mettre de la lumière dans l’obscurité.

La Guémara dit : Esther, on l’appelle Shahar שחר qui signifie l’aube. Shahar Sof HaLaïla,  Gam Esther Sof HaNessim שחר סוף הלילה, גם אסתר סוף הנסים.

De la même manière que l’aube est la fin de la nuit, Esther est la fin des miracles. Le dernier miracle a eu lieu pendant la fête de Pourim. La Guémara demande alors ce qu’il s’est passé pour Hanouka. Pourquoi ne nous parle-t-on pas de Hanouka alors que c’est aussi un miracle ?

La Guémara dit que Hanouka est très différent des autres miracles. Les autres miracles sont des miracles que l’on peut exprimer, que l’on peut écrire. Hanouka est un miracle qu’on ne peut pas exprimer. Toute la profondeur de la fête de Hanouka se situe à ce niveau. Hanouka est une fête qui comporte des miracles qu’on ne peut pas exprimer.

La Torah parle de la sortie d’Egypte à Pessah et de tous les miracles qui l’accompagnent. Les commentaires en parlent énormément. La Guémara donne beaucoup de détails. On nous donne des milliers de détails sur la manière dont s’est déroulée la sortie d’Egypte, comment la Mer Rouge s’est ouverte. Il y a  une inflation de détails. Alors que la fête de Hanouka est passée sous silence.

Concernant Pourim, il y a tout un livre pour Pourim. La Meguilat Esther est un livre entier sur Pourim.

Dans la Guémara de Shabbat il y a trois ou quatre pages sur Hanouka et c’est tout. C’est sur les Halakhot de Hanouka et on ne nous parle presque pas de la fête de Hanouka. Pourquoi ?

Hanouka c’est la fête du non-dit. Dans la relation qu’on a avec son prochain et celle qu’on a avec HaKadoch Barouch Hou, il y a la parole mais il y a également une relation dans le non-dit. Il faut essayer de comprendre ce que signifie une relation dans le non-dit. Réfléchissons à cela. Quelle est la puissance du non-dit ? Cette puissance du non-dit s’exprime par la fête de Hanouka.

La Guémara dit que le miracle de Hanouka est différent de tous les autres miracles parce que les miracles de Hanouka n’ont pas été exprimés. Il n’y a pas de texte qui nous explique la puissance de ce miracle. Tous les autres miracles doivent être exprimés On doit même faire une fête à Pessah pour la sortie d’Egypte. On doit s’asseoir et exprimer le miracle. C’est une mitsva minHaTorah.

C’est en réalité la partie qui correspond à Yéhouda. Les tribus d’Israël ont deux origines, une qui vient de Rahel et une qui vient de Léa. Les servantes sont les servantes de Rahel ou de Léa. Les textes nous enseignent que Rahel détient le fondement du silence, du non-dit. Léa, elle, détient le fondement de la Odaa הודעה. C’est pourquoi Yéhouda est sorti de Léa. Yéhouda est le fondement d’Israël. Il est l’ancêtre de David HaMelekh et par extension du Mashiah. Yéhouda tient sa puissance de sa mère, Léa. La puissance de Léa tient sur le fait d’être « Modé » מודה, de dire « merci ». Cela se dit à voix haute. On le crie.

Quelle est la signification de Igadeta LeBinkha הגדת לבנך à Pessah ? C’est de dire merci à D.ieu. On reconnaît qu’Il est notre D.ieu. Pour pouvoir le réaliser, on exprime le miracle à notre fils. De génération en génération on dit les miracles. Il y a une tradition d’exprimer les miracles et de dire merci à HaKadoch Barouch Hou.

Alors que Rahel, c’est le silence. L’aîné de Rahel c’est Yossef.

Comment comprendre que  Hanouka c’est le « non-dit »

Il y a des relations qui passent par la parole et des relations qui passent par le silence.

Lorsque j’étudiais avec mon Maître et que je lui posais des questions, il répondait par le silence c’est-à-dire qu’il ne répondait pas. Parfois il attendait trois minutes, il regardait le texte puis il me donnait une réponse. Quelquefois il ne me donnait même pas de réponse, il continuait à lire. Il y a énormément de notre relation qui passait par le silence. Vous ne pouvez pas savoir quand on a une relation par le silence, comme les liens se créent. C’est ça Hanouka.

Parfois on doit dire merci à HaKadoch Barouch Hou. Mais quelque fois il y a une relation de fusion, un Hibour חיבור  entre l’élève et le maître qui passe par le silence. Cette relation ne passe pas que par la parole mais également par le silence. C’est comme le blanc du Sefer Torah. C’est ce silence qui fait la puissance de la relation. Très souvent, mon maître répondait par un sourire ou bien il disait : « peut-être ». Ce « peut-être » je ne l’ai jamais oublié. Ses silences, ses petits mots qu’il avait après les questions, m’ont permis de réaliser ma question. Cela me permettait même de comprendre une réponse sans qu’il réponde. Il faut dire aussi que Rav Wolbe était une grande personne, un grand maître. Tout le monde n’est pas comme cela. Mais il faut apprendre aussi à créer une relation avec sa femme, ses enfants, par la parole mais également par le silence.

Les silences, c’est ce qui crée une puissance chez l’homme.

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