La faille de nos ancêtres

Pyramid at sunset

Le Midrash dit que ce qui est arrivé à Avraham et à Sarah est comme une somme de balises sur lesquelles les descendants vont pouvoir fonder leur comportement, leur chemin. Les épreuves qui sont arrivées à Avraham sont comme une sorte d’archétype de ce qui est arrivé aux autres patriarches, et surtout de ce qui arrivera aux descendants, et particulièrement aux fils de Yaakov.

Le texte nous donne un certain nombre de parallèles, nous disant:

-qu’Avraham est descendu en Égypte en raison de la famine; de même, ses descendants, les fils de Yaakov, sont descendus en Égypte;

-qu’Avraham est descendu en Égypte le temps que la famine cesse en Erets Israël; de même, les fils de Yaakov, lorsqu’ils se présenteront à Pharaon lui diront qu’ils sont venus en Égypte pour peu de temps (comme l’indique le mot « lagour : pour séjourner) » qu’ils emploieront alors, et dont la racine hébraïque est la même que celle du mot « guer (étranger) ».

Il est important de savoir cela car, dans le dernier verset de la paracha de la semaine dernière (parachat Vayigash), il y a comme une « lampe qui clignote », une alerte qui nous demande de faire très attention à ce qui va se passer.

En effet, la paracha suivante, parachat Vayé’hi, est comme une enclave dans cette histoire, où on va nous parler de la bénédiction de Yaakov à ses petits-enfants et, plus tard, à chacun de ses fils, pour ensuite nous parler de la mort du patriarche et de celle de Yossef.

Mais, avant-même d’étudier cette enclave à l’intérieur de l’histoire des Bné Israël, sachons dès maintenant que la première faille est là, et qu’elle aura des conséquences terribles.

Le dernier verset est le suivant:

וישב ישראל בארץ מיצרים בארץ גושן ויאחזו בה ויפרו וירבו מאוד

Le texte nous dit ici:

-qu’Israël (c’est-à-dire la famille de Yaakov) s’est installé en Égypte, dans le territoire de Goshen;

-qu’ils se sont laissés prendre par ce pays, et qu’ils se sont beaucoup multipliés.

La force des descendants d’Avraham, c’est de se souvenir que lorsqu’on quitte Erets Israël, c’est pour peu de temps; qu’en dehors de ce pays, on est des guérim (étrangers).

Or là, le verset nous dit qu’Israël s’est installé (וישב) en Égypte. Il n’y a donc pas simplement séjourné temporairement.

Et la suite du verset est encore plus inquiétante: ils se sont laissés prendre par ce pays. Cette formule-là (qui rappelle les mots d’un chanteur dont on ne citera pas le nom ici, mais qui disait: « Toi, Paris, tu m’as pris dans tes bras ») exprime très bien ce qui s’est passé chez nos ancêtres, chez ceux qui ont vu notre patriarche Yaakov en fin de vie, qui ne pouvait plus vraiment diriger, et Yossef  très occupé au palais, à diriger toute l’Egypte.

Ces Bné Israël qui restent à Goshen (et qui ne vont d’ailleurs plus y rester longtemps) commencent à se sentir très bien là-bas, au point-même de se demander: À quoi bon rester en Goshen ?

וישב ישראל. Par ces quelques mots, nous sont donnés les quelques points sur lesquels il faudra revenir, et qui annoncent que, malheureusement, ici le message de l’ancêtre Avraham, le message de Yossef (qui avait averti ses frères sur la façon de se présenter à Pharaon) est en train de s’étioler.

La mémoire et le message hébreu commencent à disparaître.

Et, ainsi, Israël se trouve très bien en Égypte.

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