La haine gratuite, c’est quoi ?

La Guémara dans Ta’anit dit que:

-de même que lorsqu’arrive le mois de Av, on diminue la sim’ha :

-lorsqu’arrive le mois d’Adar, on augmente la sim’ha.

Toute l’année, on doit avoir de la sim’ha. Et en Av, on n’est pas triste. On diminue la joie. 

C’est-à-dire que le sourire doit être un peu moins grand en Av que pendant le reste de l’année. Mais il ne s’agit pas d’être triste ou d’avoir l’air déprimé !

Le Choul’hane Aroukh (au paragraphe 4 du simane 559) dit qu’à Tich’a Béav:

– on ne dit pas Ta’hanoune ; 

– et les Cohanim ne font pas Birkat Cohanim car ce jour est appelé mo’ed (fête).

Ceci est très étonnant, car Tich’a Béav est plutôt un deuil qu’une fête! Pourquoi donc est-il appelé mo’ed? 

En vérité, le mot mo’ed ne signifie pas « fête » mais « rendez-vous ». Les mo’adim sont des moments de rendez-vous avec Hachem. 

Seulement, il y a plusieurs sortes de rendez-vous. Il y a:

– des rendez-vous de kirva, de rapprochement d’Hachem (exemple: Pessa’h, Ch avouot et Soukkot) ; 

-et des rendez-vous d’éloignement.

Les Ba’alé Hamoussar appellent  Tich’a Béav « mo’ed chel ri’ho uk (rendez-vous d’éloignement) ».

Un rendez-vous d’éloignement est une prise de conscience de combien on est loin d’Hachem. Le fait de prendre conscience de cela est aussi un niveau. Cela aussi permet de se lier à Hachem.

Lorsqu’un homme ne s’entend pas avec sa femme, mais il s’assoit avec elle, discute avec elle et voit à quel point il est loin d’elle, à quel point ils se sont éloignés l’un de l’autre par rapport à la proximité qu’ils avaient le jour de leur mariage, il se rapproche déjà d’elle. La prise de conscience de l’éloignement est déjà un rapprochement.  

C’est tout le principe dont Rav Wolbe parlait dans « Da’at ‘Atsménou (apprendre à se connaitre) »: de savoir par exemple:

– qu’en l’homme, il y a le bien et le mal ; 

-et que la prise de conscience du fait qu’il y a des mauvaises midot en nous ne doit pas nous déprimer, mais seulement nous permettre de prendre conscience du point où on en est, et à partir duquel on va progresser (celui qui croit qu’il est devenu tsadik gamour parce qu’il étudie la Torah depuis six mois n’a rien compris!).

De même, à Tich’a Béav, on ne doit pas déprimer. On doit pleurer la destruction du Beth Hamikdash, et prendre conscience de combien nous sommes loin d’Hachem. Mais le simple fait de prendre conscience de cela est déjà un rapprochement. 

Le premier Beth Hamikdash a été détruit à cause des trois ‘avérot les plus graves: ‘avoda zara’, guilouy’ arayot et chefi’hout damim (l’ idolâtrie, les problèmes de mœurs et le meurtre). Et le Midrash dit que la sinat ‘hinam (haine gratuite), qui causa la destruction du second Beth Hamikdash, est beaucoup plus grave que ces trois ‘avérot. 

Qu’est-ce que la sinat ‘hinam ? 

La sinat ‘hinam, ce n’est pas la haine. C’est l’indifférence. C’est l’histoire de Kamtsa et Bar Kamtsa. C’est le fait d’être indifférent. De n’être aucunement touché lorsqu’on voit, par exemple, qu’une personne ne va pas bien ou qu’elle se fait maltraiter. 

C’est cette insensibilité qu’il faut essayer de corriger.        

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