La kédousha, c’est donner !

Poignee de mains

Dans la paracha de Kédochim, Dieu nous demande d’être kadosh car Lui-même est kadoch, c’est-à-dire séparé du monde physique.

On comprend que Dieu est kadoch, car il n’est pas un être matériel. Mais comment peut-Il nous demander à nous, être humains, de nous séparer de ce monde ?

En fait, lorsqu’Hachem nous demande d’être kadoch, Il ne nous demande pas de nous séparer du monde physique au sens de ne pas utiliser ce monde-ci. Il nous demande de nous séparer de notre’égocentrisme. Car en effet, une personne qui ne pense qu’à elle est matérielle. Alors qu’une personne qui pense aux autres se sépare du monde physique, mais pas en s’en détachant totalement. Elle s’en sépare en l’utilisant pour le rendre spirituel. Et cela, en fait, c’est toute la vocation d’un Juif.

La kédoucha, c’est le fait d’utiliser tout ce qu’il y a dans ce monde pour les autres.

Dieu nous a donné des talents (de l’intelligence, une capacité à communiquer…) et des moyens financiers.

La kédoucha consiste à faire profiter les autres de tous ces moyens, au lieu de les garder exclusivement pour nous. Nous devons être kadoch de même que Dieu est kadoch. Or lorsque Dieu a créé le monde, Il l’a fait pour donner aux autres, pour leur prodiguer du bien car tout ce qu’Il fait est pour notre bien même lorsque, au moment où nous traversons une épreuve difficile, nous ne voyons pas encore le bien qu’il y a dedans.

En Hébreu, le mot kédoucha a la même racine que le terme mékoudéchet. Il signifie donc « réserver ».

La kédoucha, c’est le fait de réserver pour les autres ce que Dieu m’a donné, au lieu de le garder exclusivement pour moi. C’est par exemple utiliser l’intelligence qu’Il nous a accordée pour donner à autrui un conseil qui l’aidera à devenir meilleur. Or il n’est pas toujours facile de donner. Car parfois, en donnant à une personne une idée qui lui permettra de progresser, on lui donne un moyen de devenir meilleur que nous.

Or on n’aime pas toujours être dépassé…

Mais le ‘hessed, c’est cela: donner à l’autre (de l’argent, du temps, un conseil…), l’aider à grandir, à construire son business, à avoir le chalom bayit, à bien éduquer ses enfants… Mais on n’a pas toujours envie de la faire, parce qu’on sait qu’en le faisant, on donne à l’autre un moyen de devenir meilleur que nous…

L’homme s’aime beaucoup. La personne qu’il aime le plus, c’est lui-même. Il a donc tendance à penser que tout doit tourner autour de lui. Comment donc peut-il sortir de son égoïsme et apprendre à donner ?

En fait, il est pratiquement impossible de sortir de nous-mêmes.

L’homme pense trop à lui-même. Alors comment accomplir la mitsva d’être kadoch, qui implique de donner aux autres et donc de sortir de nous-mêmes ?

Le Rav Shimon Shkop explique que lorsqu’on donne quelque-chose à une personne, une partie de nous se trouve chez elle.

Le fait de donner entraîne donc l’agrandissement du moi de celui qui donne.

Lorsqu’on aide une personne à se marier, lorsqu’on aide une famille à continuer à exister, lorsqu’on aide un homme à développer son commerce, on a une part dans toutes ces constructions.

Ces personnes existent grâce à nous, car elles ont en elles une part de nous-mêmes.

D’où l’union qui existe dans le Klal Israël. Cette union résulte de l’entraide. Et l’entraide nous permet de nous grandir nous-mêmes.

Le Rav Shimon Shkop dit, par conséquent, qu’il est vrai qu’on ne peut pas sortir de nous-mêmes. Mais lorsqu’on pense que l’autre est une partie de nous-mêmes, qu’il est nous-mêmes en beaucoup plus grand, c’est beaucoup plus facile.

La kédoucha, c’est donc réserver toute sa vie pour les autres. Et lorsqu’on agit dans ce but, même ce qu’on fait pour nous-mêmes (exemple: partir en vacances lorsqu’on a besoin de reprendre des forces pour pouvoir continuer à aider les autres) est considéré comme ayant été fait pour les autres.

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