Le danger de la fin de l’exil

Illustration, the soldiers going to attack and helicopters.

וידבר אלוקים אל משה

Dieu parla à Moché. Ainsi commence notre paracha de Vaéra. Dieu adresse à Moché une réprimande, sur le ton de la critique.
Il est écrit אלוקים, le Nom de Dieu qui symbolise la מידת הדין, l’attribut de rigueur.

Pourquoi Dieu s’en prend-t-Il si violemment à Moché ?

Moché se rend chez Pharaon, et lui demande de libérer son peuple. Non seulement Paro refuse, mais en plus il va accabler le Am Israël en l’alourdissant de charges supplémentaires.

ועתה לכו עיבדו ותבן לא ינתן לכם ותוכן לבנים תיתננו (et maintenant allez au travail, et la paille ne vous sera pas donnée, et vous fournirez la même quantité de briques).

Moché Rabbénou ne comprend pas: Dieu l’envoie en messager, pour être le libérateur du peuple juif!

Et il va déverser sa colère à Dieu, en Lui disant:

למה הרעות לעם הזה למה זה שלחתני ומאז באתי לפרעה הרע לעם הזה והצל לא היצלת את עמיך״ (Pourquoi as-Tu rendu ce peuple misérable ? Dans quel but m’as-Tu envoyé ? Depuis que je me suis présenté à Paro pour parler en Ton Nom, le sort de ce peuple a empiré, Tu es bien loin d’avoir sauvé ton peuple!) ».

Au même instant, le Midrash ajoute que les anges ont demandé à Dieu de sanctionner Moché pour ces paroles offensantes. Et c’est ce qui est rapporté dans la Guemara Sanhédrine, au דף קיא.

Mais qu’est-ce qui a poussé Moché Rabbénou à cette rébellion ? Pourquoi Moché s’en prend-t-il aussi violemment au Maître du monde ? Comment imaginer un seul instant que Moché, איש האלוקים (un homme qui a une dimension de l’ordre du divin), le אבי הנביאים (le père des prophètes) puisse-t-il agir ainsi ?

Afin de comprendre ce comportement étrange de Moché Rabbénou, rappelons-nous ce qu’il s’est passé il y a environ 370 ans…
C’était précisément l’année 5408 du calendrier juif, et cette année était annoncée comme étant l’année de la guéoula, de la venue du Messie. Il avait même été rapporté de nombreuses preuves tirées du Zohar Hakadosh, et notamment du verset בזאת יביא אהרון, en arguant que la guématria du mot זאת valait 408, et que 408 représente le nombre d’années écoulées du sixième millénaire, et que cette année devait donc être celle de la guéoula.
Mais nous, peuple juif, attendons la guéoula chaque jour.
C’est un des fondements essentiels du Judaïsme. Nous avons le pouvoir d’accélérer la venue du Messie, même si sa venue à déjà été programmé à une date bien précise.
L’année 5408 a été pressentie comme étant celle de la guéoula. Mais que s’est-il réellement passé ? Des émeutes ont éclaté, et des dizaines de milliers de Juif ont été assassinés!
La guéoula s’est transformée en une boucherie, en un bain de sang…

Plus récemment, en l’année 5700, en 1940, certains avaient également prédit la guéoula. Mais, au lieu de cela, ce sont six millions de nos frères qui sont passé dans les chambres à gaz et ont péri…

Nous devons comprendre que la date de la venue du Machia’h n’est pas figée. Il y a des périodes, durant l’histoire de l’humanité, qui sont propices à la guéoula. Et même les dates figurant de manière codée, mystérieuse, dans le livre de Daniel, ne sont pas invariables. Ces dates sont des potentialités, des possibilités réelles de dévoilement du Machia’h (les années 5408 et 5700 étaient des dates phares, favorables à la guéoula). Mais ces années présentent un danger car, lorsque la guéoula doit arriver, un grand débat a lieu בשמים (dans les cieux).

Mikhaël, le défenseur d’Israël, cite alors tous les mérites du peuple juif.  Il amène avec lui tous ses défenseurs, qui sont en fait toutes les mitsvot du Am Israël.

Les mitsvot sont nos avocats!

Avraham, Yitshak, Yaacov, Moché, David Hamélekh, les prophètes, les Tanaim, les Amoraim et tous les Guedolim de toutes les générations implorent le kissé hakavod, par des supplications, d’amener la guéoula… Mais, parallèlement, le procureur, l’ange accusateur, apporte lui aussi ses chefs d’accusation qui sont nos avérot, nos transgressions, toute l’obscurité que nous avons amené dans le monde… Et là, le verdict va tomber: si le peuple juif réagit comme il se doit, par une prise de conscience de l’importance de la Torah et des mitsvot, et qu’il agit dans ce sens, cette période se transformera en guéoula effective; mais s’il reste indifférent, opaque, imperméable à tout éveil spirituel, refusant son examen de conscience en continuant dans sa voie pécheresse, cette guéoula potentielle laissera alors la place à des massacres et des effusions de sang. Et c’est ce qu’il s’est passé en 5408 et 5700. Ces dates étaient pourtant propices à la guéoula.

Dieu a décrété un exil de 400 ans en Égypte. Mais quel est le point de départ de ces quatre-cent ans ? Est-ce le brith ben habétarim? La  naissance de Yitshak ? La descente en Égypte ? La mort de Yaacov Avinou ? Celle de Yossef ? Ou celle du dernier des fils de Yaacov ? Autant de possibilités…

Moché Rabbénou avait connaissance de cela. Lorsqu’il se rend chez Paro, 400 ans se sont écoulés depuis la naissance de Yitshak.

Moché comprend que le Am Israël vit une période propice à la fin de l’exil. Mais il est inquiet car Paro refuse d’abdiquer. Mais, plus encore, il va asservir davantage le peuple juif. Moché a compris qu’un kitroug (une accusation) est portée contre le Klal Israël bachamayim: אלו ואלו עובדי עבודה זרה; le peuple juif, tout comme le peuple égyptien, sont tous deux des serviteurs de la avoda zara.

Que le Am Israël est parvenu au quarante-neuvième degré d’impureté, et qu’il ne mérite donc pas la fin de l’exil.

Moché tremble de tous ses membres. Il craint que la guéoula soit reportée à une date ultérieure, et il va se plaindre à Dieu.

Notre génération est, sans équivoque, propice à la guéoula. Le retour des exilés sur la terre d’Israël, la restauration des centres de Torah, le mouvement de téchouva des Juifs de par le monde, sont autant de signes annonciateurs du Machia’h. Mais nous devons savoir que toute période de guéoula est accompagnée d’un kitroug (d’une accusation).

Et il nous importe de ne pas rester indifférent, et de saisir l’opportunité que Dieu nous offre, en nous reliant à nos sources juives. Dieu attend de nous un éveil spirituel.

La guéoula est imminente.

Mais ne la laissons pas, une fois de plus, s’échapper.

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