Le statut du porc à la fin des temps

cacherout

Les signes de pureté des animaux autorisés par la Torah sont au nombre de deux: « ma’alé guéra » (ruminant) et « mafriss parssa » (ayant le sabot fendu).

Un animal qui ne possède qu’un seul de ces deux signes n’est pas apte à la consommation, et il est tamé (impur).

Les méfarchim (commentaires) voient ici une allusion très forte quant au fondement même de la tahara (pureté).

Les deux signes de cacherout de l’animal représenteraient, en quelque sorte, deux facettes nécessaires et indissociables pour acquérir le statut de tahor (pur). En effet:

-le ma’alé guéra (ruminant) symboliserait le côté pnimi (intérieur) de l’homme, et donc sa pureté intérieure ;

-alors que le mafriss parsa (celui qui a le sabot fendu, et donc un signe de pureté visible de tous) révélerait quant à lui une pureté extérieure.

C’est la réunion des deux, le pnimi (l’intérieur) et le ‘hitsoni (l’extérieur), qui va  ainsi amener l’homme a un état de pureté et de perfection.

L’homme qui dirait « Je suis un Juif de cœur! J’aime les traditions! J’ai la Torah dans mon cœur! » ressemble quelque-part à ce chameau qui rumine: chez lui, rien n’est perceptible de l’extérieur, puisque la Torah et les mitsvot restent un concept, et ne se manifestent par aucun acte concret. Un tel homme, comme le chameau, est considéré comme tamé (impur). Inversement, un homme qui -d’apparence- pratiquerait toutes les mitsvot mais qui chercherait, au plus profond de lui-même, les honneurs et les plaisirs, ressemblerait au ‘hazir (porc), qui se targue à montrer ses sabots fendus aux yeux de tous. Un tel homme, comme ce ‘hazir qui pourtant possède un signe de tahara (pureté), est qualifié d’impur par la Torah.

Néanmoins, il existe une différence fondamentale entre ces deux cas d’impureté.

Rabbénou Bé’hayé rapporte l’enseignement des ‘Hakhamim suivant: pourquoi le ‘hazir (le porc) est-il appelé ainsi ? Parce que « ché’atid Hakadosh Baroukh Hou léha’hziro lanou (dans le futur, Hachem nous le ramènera) ».

Il faut voir ici un parallèle entre les mots « ‘hazir (porc) » et « léha’hzir (revenir, ramener) ». Les ‘Hakhamim ne comprennent pas ici que le ‘hazir sera permis à la consommation dans le futur. Ils voient plutôt une promesse de ramener le ‘hazir à l’intérieur d’un système de kédousha, de le réintégrer dans une dimension de pureté.

Ce serviteur de D.ieu qui, à l’image du ‘hazir, montre un signe extérieur de pureté et qui va accomplir les mitsvot (en tout cas en apparence, de façon ‘hitsonit) aura un jour le mérite de les accomplir avec kavana (intention et sincérité) [et c’est d’ailleurs ce qui est écrit dans la Guemara Sanhédrine « lé’olam ya’assok adam béTorah oubémitsvot chélo lichma, chémitokh chélo lichmah ba lichmah »: il est impératif d’étudier la Torah et d’accomplir les mitsvot d’une façon intéressée, pour pouvoir un jour y parvenir d’une façon désintéressée, entièrement tournée vers Hakadosh Baroukh Hou]. En revanche, l’homme :

– qui, à l’image du gamal (chameau), reste, dans son intérieur, pur et attaché au Judaïsme;

-mais qui, dans sa vie de tous les jours, ne montre pas le moindre signe d’investissement en Torah et mitsvot ;

restera tamé (impur), sans avoir le moindre espoir de parvenir un jour à un état de perfection et de pureté absolue.

Notre ‘avodat Hachem consiste à s’investir dans la Torah et les mitsvot, afin d’espérer que dans les temps à venir, chacun de nos actes même accomplis avec des intentions impures puisse nous amener vers un état de pureté authentique.

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