Les larmes de la joie

La Guemara Berakhot dit que depuis que le Beth Hamikdash a été détruit, les portes de la tefila ont été fermées, mais les portes des larmes sont restées ouvertes.

A ce sujet, les Hakhamim expliquent que le véritable malheur dans la destruction du Beth Hamikdash ne réside pas dans la destruction de l’édifice en tant que tel.
Ce n’est pas pour du bois et des pierres que nous nous endeuillons ! Ce qui est terrible dans la destruction du Beth Hamikdash, c’est que, depuis qu’elle a eu lieu, nos tefilot ne sont plus exaucées comme avant.
Au temps du Beth Hamikdash, la tefila de chaque Juif qui venait y prier Hachem sincèrement, avec un cœur pur, plein de pensées de téchouva, était exaucée sur place !
Nous voyons cela de la tefila qu’a prié Chelomo Hamélekh lors de l’inauguration du Beth Hamikdash (rapportée dans le Séfer Mélakhim), et dans laquelle il a demandé à Hachem de lui promettre d’exaucer la tefila de chaque Juif qui viendrait Le prier au Beth Hamikdash en ayant une volonté sincère de revenir vers Lui.
Et Hachem lui a promis.
Le plus grand malheur du peuple juif dans la destruction du Beth Hamikdash, c’est que, depuis celle-ci, les portes de la tefila ont été scellées. Car la tefila, nous en avons besoin toute notre vie, pour surmonter n’importe quelle difficulté ! Sans elle, que nous reste-t-il ? Si les portes de la tefila ont été scellées, comment demander à Hachem de nous aider ?
A cela, les Hakhamim répondent: « Les portes de la tefila ont été fermées, mais pas celle des larmes. ». Cela signifie que la tefila d’une personne qui prie en pleurant est écoutée ! Mais de quel pleur parle-t-on ?
Les pleurs ne sont pas forcément positifs. En effet, lors de la faute des méraglim (explorateurs), c’est justement le pleur des Bené Israël qui a entraîné la destruction du Beth Hamikdash. De même, dans parachat Béhaalotekha, ce qui a « dérangé » Hachem dans le fait que les Bené Israël aient réclamé de la viande, c’est le fait qu’ils aient pleuré et dit: « Qui nous nourrira de viande ? ». Car, comme l’explique le Or Ha’haïm Hakadosh, qu’il s’agisse de ces larmes ou de celles que les Bené Israël ont versé après le retour des méraglim, c’était un pleur de désespoir, exprimant leur manque de confiance dans le fait qu’Hachem pouvait leur venir en aide (comme si, hass véchalom, Il n’existait pas). Or la tefila, c’est tout le contraire : c’est la prise de conscience du fait qu’il n’y a QUE Hachem qui peut nous aider.
De nos jours, en l’absence de Beth Hamikdash, le seul moyen que nous avons pour que nos tefilot soient exaucées, c’est de prier avec des larmes. Mais pas des larmes de désespoir. Au contraire ! Des larmes de joie, provenant de la prise de conscience du fait qu’Hachem peut TOUT. Qu’il peut, à chaque instant et en un clin d’œil, nous sauver d’une difficulté terrible et nous combler de tout ce dont nous avons besoin. Et que nous avons la chance de pouvoir nous adresser à Lui directement, et de Lui demander tout ce que nous désirons.
Ces larmes de joies reconstruiront ce qui a été détruit par le pleur de désespoir des méraglim, et nous permettront, béézrat Hachem, de mériter le Beth Hamikdash et la délivrance complète, בבייא.

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