L’exil ou la lumière qui jaillit des ténèbres

a jewish scholar raising arms wide at sunset

Le Zohar Hakadosh rapporte que la nuit de la Sortie d’Egypte était l’équivalent d’une journée d’été: claire, avec une lumière intense. Ainsi, la nuit s’est transformée en un jour lumineux, éclairé sur toute l’étendue du ciel, comme au zénith.

Tout le peuple a pu constater ce phénomène incroyable, et a vu la main divine. C’est, du reste, ce qui est écrit dans le Téhilim 139:

« ולילה כיום יאיר כחשכה כאורה (la nuit est lumineuse comme le jour, l’obscurité est clarté) ».

Nous pouvons d’ailleurs trouver une allusion dans la Torah, comme le souligne le Midrash:

« לעולם אין הקבייה מיחד שמו על הרעה אלא על הטובה (Hakadosh Baroukh Hou ne réserve pas Son Nom pour le mal, Il ne le réserve que pour le bien) ». En effet, il écrit dans Béréchit: « ויקרא אלוקים לאור יום ולחושך קרא לילה (Dieu appela la lumière yom/jour; et la nuit Il l’a appelé layla« . Le Nom de Dieu est bel et bien réservé pour le or, pour le jour;  et il n’est pas mentionné lorsqu’on parle de ‘hochekh, d’obscurité.  Mais au sujet de la nuit de la Sortie d’Egypte, il est écrit: « ליל שימורים הוא להי להוציאם ממיצרים. הוא הלילה הזה להי ». Le Nom de Dieu apparaît deux fois dans ce verset. On comprend dès lors que la nuit de la Sortie d’Egypte a quelque-chose de particulier, puisqu’elle est lumineuse, brillante, étincelante.

Mais pourquoi Dieu a-t-Il voulu que la Sortie d’Egypte ait lieu pendant une nuit claire et lumineuse comme le jour ?

C’est la question du ‘Hida זצייל: pourquoi la guéoula a-t-elle eu lieu la nuit, à un moment où la lumière resplendissait comme en plein jour ?

Pour bien comprendre, il nous faut nous pencher sur la raison pour laquelle Dieu a décrété sur le Am Israël la galout, l’errance parmi les nations.

Le peuple juif avait autrefois des prophètes, des Sages, le Beth Hamikdash, et vivait des miracles au quotidien. Mais malgré cela, il a fauté. Dieu a alors réagi en conséquence: la prophétie a été aboli, les miracles ont cessé, le Beth Hamikdash a été détruit, et le peuple juif a été dispersé parmi les nations. Mais est-ce une réponse appropriée ? Est-ce un remède capable de guérir toute maladie liée à un manque de spiritualité ? Apparemment non, puisqu’au cours des générations, nous n’avons cessé de régresser spirituellement! Mais nos Maîtres rapportent l’histoire suivante, afin de comprendre ce décret divin:

On raconte qu’un noble riche et puissant avait un jeune enfant. Ce dernier tomba malade. Il tremblait de froid de tous ses membres.

On décida de le revêtir d’habits chauds, de couvertures épaisses, d’allumer un chauffage… Mais rien ne le soulageait! Il continuait à frissonner et à gémir. On convoqua alors un médecin spécialiste, et celui-ci dit au père: « Tu veux sauver la vie de ton fils ? Alors écoute mon conseil ! Retire tous les habits chauds de ton fils, ôte-lui les couvertures, habille-le seulement d’un habit léger, et renvoie-le de la maison ! ». Le père, en entendant ces paroles, fut saisit de stupeur! Le renvoyer de la maison ? Pour aller où ? Dans la pluie ? Dans le froid ? Et que va-t-il manger ? Où va-t-il dormir ?

Le médecin lui répondit : « Fais comme je t’ai dit! Renvoie-le, sous la pluie et le froid, et qu’il aille dormir dans une cage d’escalier! Car c’est de cette façon que son corps va se renforcer et s’aguerrir. Il n’y a pas d’autre solution si tu désires le bien de ton fils! ».

Le but de l’exil, c’est précisément cela: nous avons fauté alors que nous étions des enfants gâtés. Nous vivions des miracles au quotidien. Dieu amenait le chéfa, l’abondance dans le monde. Mais cela ne nous a pas empêché de L’oublier.

La galout, c’est le seul remède. On la compare à la nuit, à une période de froid, de famine sur le plan spirituel. Mais elle a une capacité d’immunisation, de renforcement de l’être.

La galout a donné naissance à des tsadikim, des kédoshim, des Guéonim, à de nombreux Juifs maaminim (croyants), et remplis de yirat chamayim. Ils ont traversé les tumultes et les tourmentes de l’assimilation. Ils ont résisté à l’ouragan de la Haskala, destiné à noyer le peuple juif dans les vagues profondes de l’assimilation. Ils sont sortis indemnes, fidèles dans leur croyance et leur amour de la Torah.

La galout (l’exil), c’est comprendre finalement que la nuit, l’obscurité apparente, est en fait « lumière » et qu’elle est le procédé d’immunisation et de préparation à la guéoula, que Dieu amènera bientôt.

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