Libérer son être en exposant son problème

PARACHA KI TAVO

À l’époque du Temple de Jérusalem, la mitsva des bikourim, des prémices des fruits de la terre, faisait l’objet d’un cérémonial particulier : un taureau destiné au korbane chelamim était chargé de transporter les bikourim jusqu’à Jérusalem. Ce taureau portait une couronne en feuille d’olivier sur sa tête, et ses cornes étaient enduites d’or. Des chants au son de la flûte accompagnaient cette marche jusqu’à Jérusalem. Lorsque le convoi se rapprochait de Jérusalem, il devait s’arrêter. On envoyait alors un messager chargé d’informer la population de leur arrivée imminente. Pendant ce temps, les fruits étaient déposés dans un panier décoré pour la circonstance.

Cette procession était publique, jouissant d’un formidable engouement de la part de tous les habitants. Toute la population ainsi que les commerçants assistaient à l’entrée triomphale du convoi dans la ville, et il ne vint à l’idée de personne de manquer cette célébration.

Les Cohanim, les Lévyim et les trésoriers du Temple sortaient alors à leur rencontre pour les accueillir.

La Torah va alors donner des instructions très précises sur la façon dont cette mitsva devait s’accomplir. On devait se tenir devant le Cohen, et lui dire : « Maintenant, j’apporte les prémices des fruits dont tu m’as gratifiés. Tu les déposeras devant l’Éternel ton D.ieu, et tu te prosterneras devant Lui ».

Les Sages se demandent bien pourquoi était-il nécessaire de faire une telle déclaration alors que toute cette procession était connue de tous.

Le Cohen ignorait-il qu’il s’agissait des prémices ? Pouvait-on entrer au Beth Hamikdash avec des chariots remplis de fruits si ce n’est pour accomplir la mitsva de bikourim ?

Les Sages vont comprendre que cette déclaration est loin d’être inutile, et en tirer un enseignement capital : toute connaissance, toute information intériorisée, doit être exprimée verbalement. Une pensée doit être formulée, et ne doit jamais rester statique et enfermée dans la conscience. Cette déclaration n’était pas destinée au Cohen mais bien à celui qui la prononçait, et n’avait qu’un seul but : de dire à D.ieu : « Maître du monde, merci ».

Tous les jours, nous répétons dans la Amida :

« סלח לנו אבינו כי חטאנו »

« Pardonne-nous notre Père car nous avons fauté ». D.ieu ne sait-Il pas que nous avons transgressé Sa parole ? N’aurait-il pas été suffisant de dire « Pardonne-nous » ?

Non, cela ne suffit pas. Car lorsqu’on convertit une pensée en paroles, lorsqu’on l’affirme par des mots, on exprime clairement que nous ne nous sommes pas comportés convenablement. Nous reconnaissons sans équivoque nos fautes, et c’est précisément de cette façon qu’un homme pourra s’améliorer et corriger ses erreurs.

Lorsqu’on exprime son problème et qu’il ne reste pas enfermé au fond de son être, on se donne la possibilité de le résoudre.

Formuler les choses verbalement, c’est mettre en marche un processus qui conduira à se relier aux sources de l’abondance.

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