Naassé vénichma: l’expérience du vécu

Ten Commandments written on stone tablets in Hebrew

Après être sortis d’Egypte et avoir traversé la Mer des Joncs, le peuple d’Israël arrive au Sinaï et va y recevoir la Torah.

L’événement grandiose du Matan Torah (don de la Torah) va permettre au peuple juif de véritablement commencer son histoire, et de remplir la fonction qui est la sienne. De s’approprier cette Torah que D.ieu lui donne, et en même temps de pouvoir avancer dans l’histoire, en la transmettant aux nations à travers son exemplarité. Mais arrêtons-nous sur des versets:

Lorsque D.ieu va proposer la Torah au Klal Israël, celui-ci va dire: « kol acher diber Hachem naassé vénichma (tout ce que D.ieu nous dira, nous ferons et littéralement « nous entendrons », que l’on traduit souvent par « nous comprendrons ») ».

Ces mots sont très étonnants: le Klal Israël s’engage à agir, même sans comprendre… N’est-ce pas, à première vue,  immature, irréfléchi ?

Et pourtant la Guemara Chabbat rapporte que D.ieu a dit, à propos des mots naassé vénichma: « Qui a révélé à Mes enfants ce secret dont se servent les malakhim (anges) ? ».

Que signifient ces mots ? En quoi le fait d’avoir dit « naassé vénichma » est-il si extraordinaire ?

Parmi les nombreuses réponses à cette question, il y a le fait que les mots naassé vénichma indiquent que ce n’est qu’en vivant les mitsvot qu’on peut véritablement les comprendre (dans un autre univers, on appelle cela « se placer dans l’épaisseur de sa connaissance »).

Lorsqu’on entend des explications sur le Chabbat (par exemple), on peut trouver cela magnifique sur le plan intellectuel. Mais on ne comprendra véritablement ce dont on parle que lorsqu’on l’aura vécu concrètement.

Selon une autre explication, les mots naassé vénichma indiquent que ce qui valide le nichma, la démarche intellectuelle d’une personne, c’est le fait qu’elle est capable de la transformer en naassé, en acte.

Le Klal Israël sait que tout le monde peut adhérer à une pensée ou à une philosophie, ou dire d’une idée qu’elle est extrêmement belle; mais ce qui va nous montrer que nous considérons qu’elle est authentique, c’est que nous sommes capables de la vivre. Et c’est cela que le Klal Israël va aussi dire à travers les mots naassé vénichma: nous allons authentifier notre pensée (nichma) à travers le fait que nous sommes capables de la vivre (naassé). Une illustration très simple de ce principe, c’est qu’il est facile de dire à une personne qu’on l’aime; mais ce qui va prouver que ce ne sont pas que des mots, ce qui va révéler la relation d’amour, c’est la capacité à faire exister celui-ci de manière concrète, en donnant concrètement de l’importance à l’autre, en étant capable d’être à l’écoute de ce qu’il attend de nous… C’est cela qui fait que ces paroles ont du sens.

Mais attention ! Les mots naassé vénichma indiquent certes un devoir d’accomplir les mitsvot (naassé). Cependant, n’oublions pas que nous devons aussi comprendre celles-ci (nichma).

En effet, le Rambam dit que l’individu a l’obligation d’étudier le sens des mitsvot. Et que même celles dont il n’arrivera pas à pénétrer complètement le sens jusqu’au bout ne doivent pas être légères à ses yeux. Ce n’est pas parce que je n’ai pas totalement compris une chose qu’elle n’a pas de valeur.

Le Rambam dit donc qu’il faut chercher à comprendre le sens de ce que nous faisons. Car lorsque nous comprenons ce que nous faisons, nous vivons les choses avec beaucoup plus d’intensité, de profondeur et d’authenticité.

Parce que nous comprenons que notre acte ne nous permet pas seulement de révéler notre capacité de soumission à D.ieu, de nous placer dans l’épaisseur de notre connaissance ou d’authentifier notre connaissance. Il a une valeur en tant que tel. Il représente des notions fondamentales, que nous avons réussi à découvrir à travers le vénichma.

En étudiant la Torah, nous pourrons retirer des mitsvot tout ce que celles-ci sont censées nous apporter.

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