Paracha Choftim : Echec au Roi !

La nomination du Roi en Israël

La Paracha de la semaine, Choftim, expose les lois relatives à la nomination d’un roi en Israël. Selon la plupart des commentateurs, le fait d’avoir recourt à un roi est autorisé, voire même recommandé, dès lors que c’est D.ieu en personne qui évoque cette possibilité et semble même y consentir.
Or, lorsque bien plus tard, à l’époque du prophète Samuel, cette question, jusqu’alors purement théorique, se posera en pratique, elle apparaîtra sous un jour totalement différent. En effet, à la demande d’Israël de se voir doté d’un roi, Samuel réagit de manière extrêmement négative, ce dont atteste le verset: « Cela déplut à Samuel de les entendre dire: Donne-nous un roi pour nous juger, et il adressa une prière à D. » (Samuel 1 8:6)  Plus surprenante encore est la réaction de D. qui dit à Samuel: « Cède à la voix du peuple, fais ce qu’ils te disent; ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est Moi-même, dont ils ne veulent plus pour roi. » (ib.6) Comment donc résoudre la flagrante contradiction entre le caractère souhaitable de la fonction royale telle qu’elle apparaît dans notre Paracha, et la manière dont elle est décrite dans l’épisode relaté dans le Livre de Samuel: une concession accordée par Dieu à Israël comme à reculons?

Je voudrai ici exposer la solution qu’apporte le Kéli Yakar à cette contradiction. Le roi en Israël, explique-t-il, a pour rôle d’exercer son autorité afin que la Loi soit respectée, car, ainsi que l’enseigne la Michna: « N’était la crainte qu’inspire l’autorité royale, les hommes s’entre-dévoreraient. » (Avot, 3:2) En effet, il n’est pas de société qui puisse fonctionner correctement sans un éventail de lois et une autorité veillant à ce qu’elles soient respectées. C’est à un roi de ce type, gardien de la Loi et veillant à son application, que fait référence notre Paracha. Or, c’est un tout autre type de roi que le peuple d’Israël demande à Samuel: « Donne-nous donc un roi pour nous juger, comme en ont tous les peuples. » (ib.5) Or, le roi chez les nations n’a pas pour unique fonction d’imposer sa crainte  et de veiller au bon respect de la loi, car c’est lui aussi qui légifère, qui façonne la loi à sa manière. D’un tel roi, dit Samuel, Israël n’a nul besoin, dès lors que c’est D. lui seul qui a qualité, par le biais de ses émissaires, pour légiférer. C’est ce désir de contourner l’obéissance absolue à la Loi de la Torah en nommant un roi qui s’arrogerait le droit de légiférer à sa guise qui fait bondir Samuel d’indignation et déplaît à D.

Le Roi dans l’histoire juive

L’histoire juive a connu de nombreux rois, des bons et des moins bons. Parmi les bons, David et Salomon qui ont gouverné et jugé le peuple d’une manière en tous points conforme à la Torah. C’est dans ce sens que s’exprime notre Paracha à propos du roi d’Israël: « Or, quand il occupera le siège royal, il écrira pour son usage, dans un livre, une copie de cette Loi (la Torah)… Elle restera par devers lui, car il doit y lire toute sa vie, afin qu’il s’habitue à révérer l’Éternel, son D., qu’il respecte et exécute tout le contenu de cette Loi et les présents statuts. » (Deut.17:18-19) Seul un roi répondant à ce modèle, tout entier soumis à D. et rempli de crainte à son égard, sera en mesure de gouverner et de juger le peuple d’Israël, dès lors que son jugement sera toujours en tous points conforme à la Torah.

Une autre différence entre le « bon » roi légitimé par notre Paracha, et le « mauvais » roi décrié dans le Livre de Samuel, apparaît dans un détail de formulation distinguant ces deux textes. Tandis que dans notre Paracha, le Texte porte: « Tu placeras au-dessus de toi (‘alékha) un roi », au sujet du roi que le peuple réclame à Samuel, il est dit  » Donne-nous (téna lanou) donc un roi », expression qui peut aussi s’entendre dans le sens « Donne un roi parmi nous ». Ainsi le roi tel que la Torah le conçoit est un roi qui a pour rôle d’imposer son autorité à son peuple et de lui inspirer une crainte librement consentie. A contrario, le roi tel que le concevaient les enfants d’Israël à l’époque de Samuel est un roi qui n’a pour fonction que de juger son peuple, mais qui par ailleurs se trouve placé, par rapport à lui, sur un même pied d’égalité en termes d’autorité. Un tel roi, la Torah ne peut que le récuser.
Le Kéli Yakar conclut son développement en établissant un parallèle entre la figure du roi et celle du Talmid H’akham: un vrai Talmid H’akham, affirme-t-il, est un homme auquel ses ouailles se soumettent, et non pas l’inverse, car il lui est interdit de se soumettre à sa communauté et de renoncer à la vérité dans le souci de lui complaire.

En cette période difficile que traverse le peuple d’Israël, prions tous ensemble D. pour qu’Il  soutienne nos dirigeants dans la tâche titanesque qui leur incombe, et leur inspire les  décisions les meilleures pour le bien d’Israël.

Amen!

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