Planifier ou improviser ?

Planifier ou improviser ?

Certains sont des spécialistes de la planification. Ils élaborent des plans minutieux pour le futur. Ils ont un programme minuté, cadencé à un rythme d’une précision d’horloger : tout est programmé d’avance et ne laisse aucune place à l’improvisation.

Pourtant, le Talmud, au nom d’Oula, affirme que cet excès de zèle à vouloir maîtriser du début à la fin le déroulement de chaque événement n’est pas à l’abri de surprises ; et bien souvent, ces plans rigoureusement pensés et réfléchis n’aboutissent pas.

Certains vont, par exemple, planifier de terminer tel traité du Talmud, tel jour. Mais hélas, leur désir est souvent contrarié. Et, le jour venu, ils sont bien loin d’avoir atteint leur but.

Les Sages nous enseignent un fondement du judaïsme : la planification d’un événement ou d’un projet dans les moindres détails est la cause directe de son échec. Cela est mentionné dans le livre de Job : D.ieu répand la pluie à la surface de la terre, Il fait échouer les projets des gens rusés. Toutes les intentions et les plans élaborés seront vains et futiles, et voués à l’échec.

Mais devons-nous, pour autant, improviser durant toute notre vie ? Être  dans l’approximation et refouler l’idée-même du séder (de l’ordre) ?

Est-il interdit de structurer sa pensée, son esprit ; ou, tout simplement, de se prémunir avant d’agir, de mettre de l’ordre et d’organiser un tant soit peu son existence ?

Les Sages vont mettre en relief un point important : lorsqu’un homme s’appuie un peu trop sur son intelligence, sur son habileté à diriger et sa perspicacité à ordonner chaque chose, il en vient à oublier D.ieu, et à penser que le résultat ne dépend que de lui.

Rentrer dans les profondeurs de chaque détail témoigne d’une trop grande confiance en soi, et d’une mise à l’écart du Créateur du monde. Une planification méticuleuse et microscopique de chaque détail donne l’illusion à l’homme qu’il a la capacité d’amener un acte à sa réalisation.

Que ce qu’il a décidé doit se concrétiser.

C’est pourtant bien D.ieu et Lui seul qui agit. Le résultat de chaque chose n’est que le fruit de la volonté divine. L’homme n’y est strictement pour rien !

Il ne nous est pas interdit de réfléchir, de prévoir ou d’organiser tel ou tel événement. Mais nous devons garder à l’esprit que les faits se dérouleront selon ce que D.ieu a prévu, et non selon nos prévisions.

Il est rapporté dans notre paracha :

« כִּי תִבְנֶה בַּיִת חָדָשׁ וְעָשִׂיתָ מַעֲקֶה לְגַגֶּךָ »

« Lorsque tu construiras une maison neuve, tu établiras un appui autour du toit. »

Outre l’obligation de construire une barrière de sécurité sur son toit, le Ben Ich Haï nous dévoile qu’un homme a le devoir de stopper son pouvoir imaginaire. De mettre un frein à tous ses fantasmes, aussi bien dans le domaine matériel que spirituel. Car cela ne pourra que le conduire vers l’échec, la frustration, et même la mélancolie

Nous devons placer toute notre confiance en D.ieu, espérer le bien, et prier le Maître du monde de nous guider dans la bonne direction.

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