Aharé-mot : Le Chalom à tout prix !

Les parachiot que nous lisons en ce moment (Aharé mot, Kédoshim, Émor) parlent beaucoup des Cohanim. Parlons donc un peu aujourd’hui d’Aaron Hacohen.

A son sujet, les Pirké Avot (que nous lisons justement entre Pessah et Chavouot) disent:
-qu’il était ohev chalom vérodef chalom, c’est-à-dire qu’il aimait le Chalom et le poursuivait;
-et qu’il rapprochait les gens de la Torah.
Pourtant, demande le Déguel Ma’hané Éfraïm (un petit-fils du Baal Chem Tov), le mot rodef (poursuivant) a une connotation péjorative (puisque, dans la Torah, il est employé à propos d’un tueur) ! Comment se fait-il donc qu’il soit utilisé pour parler d’Aharon? Les mots « rodef chalom », employés à son sujet, signifieraient-ils qu’Aharon « tuait la paix » ? Pourtant, comme il est dit juste avant, Aharon était ohev chalom ! Il aimait la paix !
D’ailleurs, le Midrash dit même, à ce propos, qu’à l’enterrement d’Aharon Hacohen, il y avait derrière son cercueil, soixante dix mille hommes qui s’appelaient Aharon, et que ce prénom leur avait été donné pour rappeler le fait que c’est grâce à Aharon Hacohen, qui avait réconcilié leurs parents, qu’ils avaient pu naître !
Aharon a donc énormément agit en faveur du chalom. Comment se fait-il, par conséquent, que les Pirké Avot disent qu’il était rodef chalom (comme s’il luttait contre la paix) ?

Le Déguel Ma’hané Éfraïm répond à cette question par un machal: un malade était mourant, et aucun docteur n’arrivait à le guérir. On l’amena donc chez un très grand spécialiste. Celui-ci était tellement fort qu’il pouvait guérir ce malade en lui injectant une dose bien précise d’une plante normalement dangereuse. Personne d’autre que lui n’aurait pu guérir le malade avec cette plante, car une minuscule erreur dans la dose à injecter entraînerait la mort du malade, au lieu de sa guérison. Seul le grand spécialiste connaissait la quantité exacte de plante qu’il fallait donner au malade pour le guérir.

Il en va de même pour Aharon Hacohen. A son époque, il y avait deux sortes de Juifs:
-des bons Juifs: ces gens-là, même lorsqu’il leur arrivait de se disputer, ils se réconciliaient tout seuls. Car ils savaient qu’Aharon aimait le chalom, et que s’ils ne se réconciliaient pas eux-mêmes, il aurait arrêté sa Avoda au Michkane pour faire la paix entre eux. Et ils ne voulaient pas le déranger.
-des Juifs qui étaient sous l’emprise de leur yétser hara: ils n’en avaient rien à faire d’Aharon Hacohen, et considéraient que « ce Rabbin » n’avaient rien à leur dire!
Le fait de parler gentiment à de telles personnes ne les amèneraient pas à avoir un meilleur comportement. Avec des gens pareils, on est obligé d’être plus durs, car ils ne comprennent que ce langage. Aharon devait donc aller contre sa nature (qui était d’aimer le chalom). Il devait être rodef chalom, leur parler plus durement. Car parfois la paix ne s’obtient qu’après une guerre.
Mais attention ! Aaron savait précisément quelle dose de sévérité il fallait employer avec ces gens pour leur bien, pour les rapprocher de la Torah. Et ainsi, qu’il soit ohev chalom ou rodef chalom, qu’il aime la paix ou qu’il la poursuive, Aaron agissait Léchem Chamayim. Il œuvrait dans un seul et même but: rapprocher les gens de la Torah.

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