Ai-je le libre arbitre à chaque instant de ma vie ?

Non seulement la réponse est oui, mais en plus ce principe est fondamental. Car lorsque D.ieu a créé l’homme, il a convoqué les anges pour leur demander ce qu’ils pensaient de cette création. L’ange de l’amour l’a encouragée, mais celui de la paix a dit: « Que l’homme ne soit pas créé ! Il est plein de disputes ! ».
L’ange de la tsédaka a dit: « L’homme est capable de donner une partie de son argent à un autre homme (contrairement à l’animal qui garde sa nourriture pour lui tout seul) ! Qu’il soit créé ! ». L’ange de la vérité a dit: « L’homme ment ! Qu’il ne soit pas créé ! ».

Alors que les anges étaient encore en train de débattre, Hachem leur a dit: « Pourquoi débattez-vous ? J’ai déjà créé l’homme (comme l’indiquent les mots naassé adam/faisons l’homme qui, en Hébreu, peuvent aussi se lire naasa adam/l’homme a déjà été fait – cf. Explication du Midrash) ».

Mais pourquoi Hachem a-t-Il demandé aux anges ce qu’ils pensaient de la création de l’homme, pour finalement effectuer celle-ci sans tenir compte de leur avis ?

Le Maharal explique que ce débat entre les anges continue jusqu’à aujourd’hui, et que cela est nécessaire à l’existence du libre-arbitre.
En effet, si D.ieu avait décidé qu’il ne valait pas la peine de créer l’homme, Il ne l’aurait pas créé.
Et s’Il avait décidé que cela en valait la peine, nous n’aurions plus de liberté. Car Il aurait décidé pour nous de la validité de notre existence.

Le fondement ontologique, métaphysique, de la liberté humaine, c’est l’indécision. Le fait qu’il ne soit pas encore décidé s’il vaut ou pas la peine de créer l’homme.
Celui qui va prouver qu’il valait la peine de le créer, c’est l’homme lui-même. S’il est capable d’empathie, s’il fait du bien autour de lui, il prouve qu’il valait la peine de le créer.
Mais s’il ne s’occupe que de lui-même, s’il choisit de faire du lachone hara ou n’importe quelle autre avéra, en quoi est-il supérieur à l’animal ?

Dans la vie, l’homme a donc de nombreuses occasions de prouver qu’il valait la peine de le créer.
Et plus il est tsadik, plus il aura l’occasion d’exercer son libre-arbitre.
En effet, pour un homme loin de la Torah, le libre-arbitre concernera des grandes avérot, et il s’exercera par exemple lorsque l’homme décidera de ne pas tuer.
Mais pour un tsadik, le libre-arbitre interviendra dans des questions beaucoup plus fines (exemple: Est-ce que je profite de quelques minutes de libre pour me promener avec ma femme, et accomplir ainsi la mitsva de l’honorer ? Ou est-ce qu’il est plus important d’étudier la Torah, puisque cette mitsva équivaut à toutes les mitsvot ?).
Et il s’exercera donc beaucoup plus fréquemment dans la journée.

Plus on est tsadik, plus on peut donner du sens à chaque événement de la vie, au lieu de les vivre de manière routinière.

La grandeur d’un homme se mesure par le coefficient de libre-arbitre qu’il a dans la journée.

Plus une personne exerce son libre-arbitre (en cherchant par exemple à mieux comprendre le texte de Torah qu’elle étudie, en l’approfondissant et en se posant des questions, au lieu de répéter toujours les mêmes choses, toujours le même cours tellement bien construit, dans le but d’étaler ses connaissances), plus elle est vivante.
Plus elle annule son libre-arbitre par souci d’un confort animal, plus elle s’enterre elle-même et entre dans la mort.

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