Bo : Sanctifier sa pensée.

Le Ben Ich  Haï, dans la paracha de Bo, va nous expliquer l’interdit de bichoul (cuire). Comme à l’accoutumée, il ne va pas se contenter de nous expliquer ce qui est permis et ce qui est interdit. Il va essayer de nous faire comprendre en profondeur l’interdit au niveau de la pensée juive, et il va faire un lien entre la paracha de Bo et l’interdit de cuire. Quel rapport y a-t-il donc entre cet interdit, et la paracha de Bo qui parle des plaies d’Egypte ?

Dans la paracha de Bo, Hachem dit: « קדש לי כל בכר (Sanctifie-Moi le premier-né) ». De là, nous apprenons la mitsva de פידיון הבן, de racheter au Cohen le premier né, qui est sacré.

A propos de ce verset, le Ben Ich Haï dit qu’il existe de nombreuses mitsvot dont la réalisation nécessite un support matériel. Par exemple:

-pour mettre la mézouza aux portes d’une maison, il faut avoir une maison;

-pour prélever ce que la Torah demande de prélever sur nos récolte, il faut avoir une récolte;

-pour pouvoir prélever la ´hala, il faut avoir une pâte;

-pour pouvoir mettre des tsitsit sur un vêtement, il faut avoir le vêtement.

L’accomplissement de la plupart des mitsvot nécessite un support matériel, et l’homme profite de ce support.

Le Ben Ich ‘Haï nous dit que notre travail dans ce monde est de penser au spirituel avant le matériel. C’est-à-dire:

-qu’avant même d’acheter une maison, nous devons réfléchir à comment réaliser la mitsva de la mézouza;

-qu’avant même de faire nos ‘halot, nous devons penser à la mitsva de ‘hala, etc…

Mais pour qui parle-t-on ? Pour des anges ?? Vivre comme cela ne semble-t-il pas, en effet, hors de notre portée ? Comment traduire cela dans nos vies à nous ? N’est-ce pas impossible ? Ne serait-il pas hypocrite de notre part de penser d’abord au côté spirituel d’une chose, alors que c’est généralement son côté matériel qui nous préoccupe en priorité ?

Nous allons donc essayer de comprendre ce qu’a voulu dire le Rav, et comment nous pouvons le vivre dans notre vie de tous les jours.

Le Ben Ich ‘Haï explique que, dans la Torah, la pensée est appelée bekhor. Pourquoi ? Car la pensée est la racine de toute parole et de tout acte. Avant de faire ou de dire quelque-chose, on a d’abord pensé.

Le premier-né est le premier enfant. La pensée la première chose; elle est ce qui va permettre à une parole d’être dite ou à un acte d’être fait.

Sanctifier le premier-né signifie donc, au niveau allégorique, sanctifier sa pensée. Comment parvient-on à sanctifier ses pensées ?

Dans toute chose, il y a un côté matériel et un côté spirituel. Dans le fait de se nourrir, par exemple, l’aliment est le côté matériel et la berakha qu’on va dire dessus est le côté spirituel. L’enseignement que nous donne ici le Ben Ich ‘Haï est que, nous avons malheureusement tendance à ne voir que ce que nos yeux voient, à se suffire du côté matériel des choses, alors que le bekhor, la première chose (c’est-à-dire la chose la plus importante) est le côté spirituel. Nous avons le droit de profiter du côté matériel, mais il ne faut pas perdre de vue que l’origine de tout (et le but) est le spirituel.

La pensée est tellement importante qu’elle a parfois une valeur d’action. En effet, le Talmud nous dit que si on a voulu faire une mitsva mais qu’on en a finalement été empêché (par un vrai cas de force majeure, complètement indépendant de notre volonté), Hachem nous compte la bonne intention comme une action. Il considère comme si nous avions vraiment accompli la mitsva.

Parfois, la pensée devient donc une action. Et c’est ce qui nous permet d’accomplir toutes les mitsvot.

En effet, dans la Torah, il y a 248 mitsvot positives (c’est-à-dire que nous devons faire). Parmi elles, il y en a que nous ne pourrons jamais accomplir. Par exemple, nous ne sommes ni Lévy, ni Cohen, et nous ne pouvons donc déjà pas accomplir les mitsvot qui doivent être réalisées par ces personnes (et même ceux qui sont Cohen ou Lévy ne peuvent pas accomplir toutes les mitsvot, car, de nos jours, nous n’avons pas de Beth Hamikdash, et nous ne pouvons donc pas réaliser les mitsvot qui étaient effectuées en ce lieu). Nous ne sommes pas roi, et nous ne pouvons donc pas non plus accomplir les mitsvot du roi.

Par contre, ce que nous pouvons faire, c’est étudier ces mitsvot, apprendre leurs lois.  Et alors, même si nous ne pouvons pas les accomplir concrètement (à cause d’éléments qui ne dépendent pas de nous, comme par exemple à cause du fait que nous ne sommes pas roi), Hachem comptera ces pensées comme des actions. Il considèrera comme si nous avions effectivement accompli ces mitsvot.

Ainsi, nous dit le Ben Ich Haï, nous pouvons, grâce à la pensée, accomplir les 248 mitsvot positives de la Torah.

D’ailleurs, le verset qui rappelle l’importance de la pensée et que nous avons cité précédemment (קדש לי כל בכר) contient aussi une allusion à cette idée puisque la valeur numérique du mot רחם est de 248.

Le Ben Ich Haï termine en expliquant un très beau passage du Talmud disant qu’à la fin des temps, Hachem fera sortir le soleil de son écrin, et que les tsadikim qui verront celui-ci seront guéris de tous leur maux. Il dit que, dans ce monde, celui qui veut guérir d’une maladie est obligé de faire une action (exemple: prendre un médicament). A la fin des temps, par contre, il ne sera pas nécessaire d’agir pour guérir: il suffira, pour les tsadikim, de regarder le soleil.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Le Sifté ‘Haïm explique que le soleil, ici, symbolise la vérité. A la fin des temps, il n’y aura plus de mensonge. Dans ce monde, par contre, chacun de nous, quel que soit son niveau, se construit des mensonges, en s’inventant des excuses pour « justifier » le fait qu’il n’accomplit pas telle ou telle mitsva.

A la fin des temps, Dieu fera « briller le soleil », c’est-à-dire qu’Il dévoilera la vérité. Et tous les baratins, tous les mensonges qu’on a pu se créer, disparaîtront. A ce moment-là, les tsadikim, qui toute leur vie ont lutté pour la vérité, seront tellement heureux qu’elle soit dévoilée qu’ils guériront de tous leurs maux. Alors que, malheureusement, les réchaim, qui ont lutté contre la vérité souffriront lors de son dévoilement, car ils prendront alors conscience de combien de mensonges ils se sont créés.

Par le mérite du fait que les tsadikim ont sanctifié leur pensée, Hachem leur permettra de guérir sans action, simplement « en regardant le soleil », en assistant au dévoilement de la vérité.

Un des 39 travaux interdit Chabbat est celui de cuire. Ce travail n’inclut pas le fait de cuire au soleil (par exemple en mettant une casserole d’eau froide au soleil lorsqu’il fait si chaud que la température de celui-ci va suffire à faire bouillir l’eau).

Le Chabbat est une allusion à la fin des temps, à la période du Machia’h, lors de laquelle Hachem sortira le soleil et guérira les tsadikim.

Pendant Chabbat, il est donc permis de cuire au soleil. Mais il n’est pas permis de cuire à travers une action humaine, comme par exemple celle d’allumer un feu.

 

Télécharger

Vous devez avoir un plan d'abonnement payant pour accéder aux téléchargements.
J'ai déjà un compte | Abonnez-vous maintenant

Tags

Tags:

Le rabbin

Dernières vidéos de ce rabbin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *