Chabbath : un nouveau Monde

Chabbat révèle une véritable révolution. 6 jours d’activité et 1 jour de retrait.
Mais qu’est-ce que Chabbat ?

Je voudrais vous dire quelques mots sur le Chabbat, qu’on a malheureusement tendance à vivre de manière routinière (puisqu’il revient chaque semaine), alors qu’il révèle en fait, dans sa pratique, une véritable révolution.
Rappelons d’abord que, dans les sociétés modernes (pour parler de la France, précisément), ce n’est que depuis près de 80 ans qu’on parle d’un jour de repos. Pour la Torah, le rythme de 7 est le rythme de la création: en six jours, Dieu a créé le monde; et le septième, il s’est arrêté. Comme pour nous imprimer un rythme de la vie, qui est six jours d’activité et un jour de retrait.
Le Chabbat, on s’abstient de créer. Cela ne veut pas dire qu’on ne fait que dormir. Loin de là ! Le Talmud l’apprend d’ailleurs de façon magnifique. Il dit: la Torah dit: « Tu t’arrêteras, toi, ton âne et ton bœuf. ». Pourquoi avoir précisé l’âne et le bœuf ? Car, le jour du Chabbat, ces animaux ne font rien. Ils sont inactifs.
L’homme, le Chabbat, n’est pas inactif. Il n’est pas en train de chercher des loisirs pour aller s’amuser (d’ailleurs, en Français, le verbe « amuser » est liée à la notion d’user son âme / d’âme usée). Il ne s’agit pas de cela.
Le Chabbat, il s’agit de découvrir une nouvelle facette de soi. C’est ce qu’on appelle, en Hébreu, la néchama yétara (l’âme supplémentaire).  C’est-à-dire que c’est comme si chacun d’entre nous contenait deux personnalités: celle que lui-même connaît, et celle qu’il ignore. En effet, un homme peut se découvrir lui-même par ses aspirations sociales, par ses réussites économiques, par sa vie familiale… Par toute sorte de critères, qui fait que lorsque demain, on lui demandera dans la rue ce qu’il fait dans la vie, il répondra: « Je suis ceci ou cela ». Mais attention ! Cette réponse n’est que « la carte de visite ». La présentation formelle de l’organisation d’une vie.
Le Chabbat, c’est quoi ? On n’est ni ceci, ni cela. Mais on n’est pas rien. On est autre chose. On est quelqu’un qui va s’efforcer de découvrir en lui-même qu’il n’a pas besoin de faire le tour du monde. Qu’il est un être nouveau. Qu’il a une nouvelle approche de la vie. Que même dans sa vie familiale, avec ses amis, dans ses connaissances, dans de qu’il choisit d’être, il va avoir une relation nouvelle. Une relation dans laquelle il n’y a plus de pression.
Aujourd’hui, le mot dont on parle tous est « stress ». L’homme est stressé parce qu’on lui demande de travailler, de réussir, d’être quelqu’un. On le pousse en permanence. Chabbat, je suis mon propre moteur. Je choisis un monde un peu comme si on était toutes les semaines en vacances. Mais pas des vacances dans lesquelles on va tout simplement s’éclater, ou bien faire du farniente sur une plage ou au sport qu’on préfère. Un monde dans lequel on va se cultiver soi-même.
Cependant, le Chabbat n’est pas simplement un jour de lecture intellectuelle. Un jour de bonheur.

Dans les lois du Chabbat, on nous demande par exemple de bien nous habiller, de manger mieux que d’habitude, de passer moment avec notre famille/nos amis à table, de parler d’autre chose que des sujets profanes dont on parle en semaine, de chanter, de découvrir un ensemble d’activités qu’on n’a évidemment pas le temps de faire en semaine.

En un mot, le Chabbat on découvre une autre dimension du temps: le temps n’est pas seulement de la durée, il a aussi un contenu.

Toute les heures ont soixante minutes. Mais le Chabbat, elles ont une autre dimension, un autre parfum. Le Chabbat, c’est une épice qui donne un autre goût à la vie.
Le Chabbat, l’homme ne prend aucun moyen de locomotion. A l’époque, ni le cheval, ni le bœuf. Aujourd’hui, ni la voiture, ni le train, ni l’avion. L’homme reste là où il est. Mais non pas cloîtré dans une immobilité passive, mais dans un espace qu’il peut découvrir à pieds. En d’autres termes, le Chabbat, l’homme crée un monde à son échelle. En voiture, en train ou en avion, on peut aller très loin, et avoir l’impression de découvrir le monde. Beaucoup de gens se rendent dans des pays lointains pour leurs affaires. Mais est-ce pour autant qu’ils connaissent ces endroits ? Non, car il ne font qu’y passer. L’homme qui passe ne connaît rien; l’homme qui reste connaît tout. Lorsque je suis à mon échelle, j’apprends à découvrir ce qui est autour de moi.
J’avais lu, il y a quelques décennies, un rapport d’un congrès d’urbanistes, c’est-à-dire de gens qui sont censés concevoir la ville idéale. Et tous ont dit: une ville dans laquelle l’homme pourrait aller à pieds à son travail, accompagner à pieds ses enfants à l’école,  faire ses courses à pieds, aller faire ses loisirs à pieds… En d’autres termes, l’homme est nécessairement soumis à des servitudes telles que la pollution ou la circulation. Et il rêverait d’un monde dans lequel il reste dans une proximité de lui-même.
Le Chabbat est ce monde-là. Un monde où je ne me sauve pas de moi-même, où je m’y confronte, où j’apprends que le bonheur n’est pas au bout du monde. Il est là où je suis. Il est avec moi, en moi.
Il faut évidemment beaucoup plus de force pour le trouver, mais il ne coûte rien. Dans l’avion, certains voyagent en classe économique, d’autres en première classe. Mais dans la découverte de soi, nous voyageons tous en première classe, car nous sommes le seul passager.
Pour mieux comprendre cette idée, je voudrais donner l’exemple du faux monde que représente la publicité. Dans ce monde, les publicistes, qui sont des gens très ingénieux, mettent en scène des choses dont nous rêvons: des gens très séduisants, près d’un parfum (pour les dames) ou au volant d’une très belle voiture (pour les hommes). Alors les gens achètent l’article mais, après l’avoir acquis, ils voient bien qu’ils ne sont pas plus beaux qu’avant. Qu’ils ne ressemble en rien à la « star » qui était sur la photo ! Ou encore, et c’est bien pire, on nous montre une maison au milieu d’un splendide décor dans lequel se trouve aussi une famille qui semble tellement heureuse et sereine. Alors on s’endette pour acquérir la maison et, après l’avoir acheté, on réalise qu’on n’a acheté que des murs, et non le bonheur en question !
Dans la vie, il y a deux choses: le contenant et le contenu/la lumière. Le contenant (le parfum, la voiture, la maison…) va dépendre des autres. Par contre, c’est nous-mêmes, et aucune autre personne, qui apportons la lumière, le contenu, dans nos vies. Celui qui confond ces deux notions est condamné à construire des contenants qui n’ont pas de contenus.

Le monde du Chabbat est un monde dans lequel on doit se construire soi-même. Dans lequel on ne se repose sur personne pour faire ce qu’il nous incombe de faire.

Lorsque l’homme est obligé de comprendre cela, il découvre une vie qui est nouvelle, qui n’a rien à voir avec les études qu’il a suivi, les succès qu’il a remporté sur les marchés économiques, les réalisations qu’il a pu opérer dans tel ou tel secteur de la vie. Il est tout simplement lui. À lui maintenant de se connaître et de donner un sens à sa vie !
C’est un faible reflet de ce monde du Chabbat, que j’ai voulu en quelques mots vous décrire.

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