Paracha Vayéchev : comment ne pas démériter.

Les Maîtres disent qu’il est évident que, comme le roi David, Yossef avait en permanence devant lui le verset extraordinaire de « Chiviti Hachem lénégdi tamid (Hachem, Tu es toujours face à moi) ».
Hachem était toujours avec Yossef, comme il est dit: « vayehi Hachem eth Yossef vayehi ich matslia’h (Hachem était avec Yossef, et Yossef réussissait) ».

Mais que signifie « Dieu était avec Yossef » ? Dieu serait-il venu vers Yossef ? Si oui, quel serait alors le mérite de celui-ci ?

Le fait que Dieu était en permanence avec Yossef signifie que Yossef Lui parlait constamment, et qu’il disait des phrases telles que « Si Dieu le veut! » et « Avec l’aide de Dieu! ».

Le Midrash va beaucoup plus loin, en disant que Yossef disait: « Maître du monde! C’est Toi qui es mon véritable soutien, c’est Toi qui es mon Maître! Fais en sorte que je puisse trouver grâce aux yeux de tous ceux qui me voient! ».

En parlant ainsi, il ne demandait pas à ce que les gens le trouvent beau (de toute manière, les gens le trouvaient déjà beau). Il demandait à réussir dans son travail. Et Potifar, qui était son employeur direct, lui disait: « Mais qu’es-tu en train de faire ? Es-tu en train de prononcer des formules magiques pour me faire du mal ? ». Et Yossef répondait: « Ani mitpalel (Je prie) ».

De là le Rambam, dans les lois sur la tefila (ou plus précisément sur les berakhot, sur les bénédictions), nous dit pourquoi il est important de faire cent berakhot par jour: pour s’approcher de cette qualité qu’avait Yossef d’avoir en permanence Dieu avec soi.

Comment avoir en permanence Dieu avec soi, à part en étudiant la Torah ? On ne peut pas faire qu’étudier la Torah! Nous avons aussi besoin de manger, de sortir etc…

A ces moments-là, même si on n’est pas en train d’étudier la Torah, la berakha qu’on va faire (par exemple lorsqu’on entend le bruit d’un coup de tonnerre, ou qu’on s’apprête à manger tel ou tel aliment) et les cent berakhot de la journée nous permettront de faire en sorte que le Nom de Dieu soit avec nous en permanence. A l’image de Yossef.

Le Rambam dit aussi, mais cette fois dans le Moré Névoukhim (Guide des égarés), que l’homme qui est attaché en permanence à Dieu, et qui ne détache pas sa pensée de son Créateur, méritera d’être protégé, et que rien de grave ne lui arrive.

Ceci nous montre à quel point le simple fait d’être constamment attaché à Hachem fait qu’on reçoit ce dont on a tellement besoin dans un monde où on ne se sent pas toujours en sécurité: de la présence et du soutien direct du Créateur Lui-même.

Pour nous-mêmes, que pouvons-nous tirer de tout cela ?

Nous pouvons relire la paracha, et mettre à la place des prénoms de Yossef et de la femme de Potifar ceux qui nous intéressent, et comprendre ce qu’il y a à comprendre. Mais voici quand-même, en conclusion, ce que dit Rabbénou Yona, ce grand maître qui a écrit un livre magnifique, intitulé Chaaré Haavoda (Les portes du service divin):

Lorsqu’une personne est dérangée par un désir très fort, au point  d’être tentée de faire ce qu’elle ne doit pas faire, qu’elle ait honte d’elle-même, et qu’elle ait honte vis-à-vis de ses parents, de ses ancêtres, de ses maîtres, et qu’elle se dise à elle-même pour répondre à la tentation: « Une personne aussi importante que moi, qui suis tellement capable de faire des grandes choses puisque mes ancêtres étaient des grands maîtres, comment pourrais-je démériter vis-à-vis d’eux ? Je ne peux pas me le permettre! Je ne peux pas me mettre dans une situation dans laquelle mes descendants ne seront pas fiers de moi! ».

Mais pour arriver à se dire cela, il faut être conscient des mérites de ses ancêtres et de ses maîtres. De la Torah et de la connaissance qu’ils nous ont transmis, pour pouvoir pleinement les apprécier.

Si on est capable de cela, on pourra comprendre le verset des Chroniques, très important (mais aussi très difficile à comprendre),  qui nous dit: « Vayigbah libo bédarkhé Hachem (Son cœur s’est élevé dans les chemins de Dieu) ».

Les mots « Son cœur s’est élevé » impliquent de l’orgueil. Est-il donc possible d’éprouver ce sentiment si condamnable au moment-même où on sert Hachem ?

En fait, le seul moment où on a le droit d’être fier, d’être orgueilleux de ce que l’on est, de ses parents et de sa lignée, c’est lorsqu’on est tenté par toute sorte de mauvaises choses, et que l’on doit se répondre à soi-même: « Si je suis quelqu’un d’important, alors je ne peux pas fauter. Je ne peux pas démériter! ».

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