Danser devant les chambres à gaz !

Rav Chakh a raconté à Poniovitz une histoire qu’on lui avait à lui-même raconté:

Pendant la Shoa, un groupe de Juifs allait se faire gazer. Ils ne portaient aucun vêtement et étaient sur le point d’entrer dans les chambres à gaz, lorsque l’un d’entre eux s’est exclamé: « Mais aujourd’hui, c’est sim’hat Torah ! », la fête où on danse avec la Torah. Mais un autre lui a répondu: « Mais nous n’avons pas de Séfer Torah, ni même un ‘Houmach, pour danser avec ! ». Un troisième intervint alors en disant:  » C’est vrai ! Nous n’avons ni Séfer Torah, ni ‘Houmach, ni vêtement… Nous n’avons rien! Mais nous avons Dieu, et nous allons danser avec Lui! ». Et devant les chambres à gaz, les Juifs se sont mis à danser ensemble ! Jusqu’à ce que les Nazis, yima’h chémam, les poussent à l’intérieur… Ils sont alors morts gazés, et ont continué à danser dans la Yéchiva chel maala (la Yéchiva d’en-haut).
Cette histoire a touché tous les ba’hourim, et particulièrement l’un d’entre eux.

Quelques années plus tard, celui-ci rencontra un petit-fils de Rav Chakh, qui essayait de sortir des livres contenant les Divré Torah de son grand-père (qui, entre temps, était décédé). Le petit-fils de Rav Chakh dit alors à l’homme: « Je vais te raconter une chose que je n’ai dite à personne: dans un de ces livres, cette histoire est écrite. Et mon grand-père a écrit à côté qu’il aurait donné son olam hazé et même son olam haba, qu’il aurait donné tout ce qu’il possédait spirituellement et matériellement, pour être avec ces gens-là, qui dansaient devant les chambres à gaz! ».

Pourtant, lorsqu’on entend parler d’une histoire sur la Shoa, sur une période aussi effroyable, notre première réaction est plutôt de se dire: « Heureusement que je n’y était pas! ». Baroukh Hachem, nous vivons une période moins désastreuse, moins ténébreuse, moins terrible !
Rav Chakh n’a vu qu’une seule chose: la faculté de rester Juif, de rester tsadik, de rester lié à Dieu, alors que je n’ai plus rien, que je suis réduit à l’animalité la plus élémentaire… Je n’ai plus rien, je n’ai plus d’habit, je vais mourir dans une minute gazé… Et au lieu de me lamenter sur mon sort, au lieu de ‘hass véchalom me révolter, au lieu de tout ce que pourrait dicter l’animalité du corps, je danse devant Dieu ! Ces hommes-là ont dansé devant Dieu ! Et c’était tellement sublime pour Rav Chakh qu’il aurait été prêt à mourir, à abandonner tout ce que la vie lui avait donné, pour pouvoir vivre un moment d’extase, de fusion, de proximité du divin à un tel niveau.
Lorsque j’ai entendu cette histoire, j’ai été fier, incroyablement fier, d’appartenir au Klal Israël !

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