Hochana Raba : faire téchouva pour la gloire de D.

Hochaana Rabba est un nouveau jugement. Après qu’on ait fini avec le din de Kippour, on recommence à être jugés à la fin de Soukkot. Pourquoi ? Quel est l’intérêt de ce deuxième jugement ?

Comme il a été expliqué dans un précédent cours, la soukka permet de se séparer de la la lumière déformante du soleil, afin de pouvoir accéder plus ou moins au Or Haganouz. Tout le principe de Soukkot est qu’on ne peut accéder à cette lumière qu’en se protégeant de celle du soleil. Et il y a deux manières de se protéger de la lumière du soleil:
-par des branches d’arbre, qui constituent une protection comparable à un filtre (ceci est en accord avec l’opinion de Rabbi Aquiva, qui dit que les Soukkot dans lesquelles Hachem a installé les Bené Israël après la Sortie d’Egypte étaient des vraies cabanes, en bois);
– ou, conformément à l’opinion de Rabbi Eliézer (qui dit que les Soukkot dans lesquelles Hachem a installé les Bené Israël après la Sortie d’Egypte étaient des anané kavod), par des anané kavod (nuées de gloire), qui sont non seulement une protection, mais aussi un début de dévoilement du divin.
Dans un prochain cours, on expliquera plus profondément la notion de daat havdala, qui est en fait à la base de cette ma’hloket entre Rabbi Eliézer et Rabbi Aquiva sur la définition du mot Soukkot, employé par la Torah lorsqu’elle dit: « Ki béssoukot hochavti eth Béné Israël ».
Mais, pour comprendre un peu cette notion, prenons l’exemple suivant:
Si un ba’hour Yéchiva « s’enferme » pour étudier la Torah pendant plusieurs années, c’est parce que, pour être apte à recevoir la lumière de la Torah, pour pouvoir devenir un Talmid Hakham, il faut un peu « se couper du monde ». De la même manière que, léhavdil, un élève de Maths Sup ne pourra jamais obtenir son diplôme s’il passe ses journées à traîner dans la rue au lieu de travailler.
Il ne s’agit pas d’être toute sa vie « coupé du monde » (car lorsque ce ba’hour enseignera la Torah, il sera bien obligé d’être un peu en contact avec le monde), mais de prendre un peu de distance avec lui, au moins pendant les premières années de jeunesse (c’est-à-dire de 17 à 22 ans), afin de pouvoir pleinement recevoir la lumière de la Torah, sans qu’aucun élément du monde extérieur ne constitue d’écran l’empêchant de pénétrer en nous.
La lumière du monde environnant est une lumière déformante. Et, si on veut grandir dans la Torah, il faut s’en protéger.
Un Midrash rapporte que, le deuxième jour de la Création, Hachem a séparé les eaux d’en-haut de celles d’en-bas, et que les mayim ta’htonim (les eaux d’en-bas) se sont mises à pleurer (car elles ne comprenaient pas pourquoi Hachem les avaient repoussées, pourquoi elles ne pouvaient plus être aussi proches de Lui, alors qu’elles n’avaient pas fauté). Hachem leur a donné raison, et les a consolées en leur disant qu’elles seront utilisées pour le nissoukh hamayim de Hochaana Rabba et de Sim’hat Beth Hachoéva (autrement dit, ces eaux nous aideraient, à travers l’usage qui en était fait au Beth Hamikdash à Soukkot, à nous rapprocher d’Hachem).
Cet étonnant texte nous indique la nature du jugement de Hochaana Rabba. Ce jugement est, en effet, très différent de celui de Kippour:
-à Kippour, nous reconnaissons nos fautes, nous les regrettons et nous voulons nous améliorer ; et Hachem, voyant cela, nous pardonne ;
-à Hochaana Rabba, nous prenons conscience, grâce aux mayim ta’htonim (qui sont en-bas, qui aspirent à s’élever vers Hachem et que nous allons utiliser pour nous rapprocher de Lui), que le fait d’avoir regretté nos fautes nous permet d’être encore plus proches d’Hachem que si nous n’avions jamais fauté.
La faute (symbolisée par les mayim ta’htonim) permet donc de se rapprocher d’Hachem.
Les personnes qui donnent le plus de kavod à Hachem sont précisément celles qui n’étaient pas très religieuses, et qui le deviennent de plus en plus. Car ce qui fait la gloire d’Hachem, c’est le changement que nous opérons dans nos vies, après s’être rendu compte de nos erreurs et les avoir regrettées. Le fait d’améliorer notre conduite en l’honneur d’Hachem augmente Son kavod.

A Kippour, nous regrettons nos fautes, mais de manière un peu égoïste car nous le faisons dans le but d’être pardonnés.

A Hochaana Rabba, nous regrettons aussi nos fautes et nous cherchons aussi à nous améliorer, mais de manière plus altruiste, car le but recherché est alors d’augmenter le kavod d’Hachem dans le monde.

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