La particularité du miracle de la Mer Rouge

Dans la paracha de Béchalah, il est dit: « Vayiréou ha’am eth Hachem »; et, étonnamment, ces mots indiquent que c’est à partir du miracle de la Mer Rouge que le Klal Israël a commencé à craindre Hachem. Mais, comme le demande le Midrash, fallait-il vraiment ce miracle pour que le peuple commence à craindre Hachem ? Les nombreux miracles qui ont eu lieu en Egypte ne pouvaient-ils pas aussi déclencher ce sentiment ?

Dans son livre Béménou’hot , le malakh Réphaël Berdugo explique une idée dont parle aussi le Beth Halévy (ceci nous montre d’ailleurs que la Torah est la même, qu’elle ait été étudiée à Mékness ou à Brisk; que ceux qui ont étudié la Torah avec les grands maîtres se rejoignent sur les idées de celle-ci):

Hachem gère ce monde avec rigueur et miséricorde. Dans Sa bonté, Hachem nous permet de vivre et nous donne tout ce dont nous avons besoin. Mais d’un autre côté, lorsqu’une personne ne respecte pas les lois de ce monde et dépasse les limites qu’Il a fixé, Il est obligé d’intervenir (de même que si on veut véritablement élever un enfant, si on veut qu’il puisse se comporter comme il faut, on ne peut pas lui donner que de l’amour et des choses qui lui sont agréables; on est parfois obligé de lui fixer des limites).

Les dix plaies d’Égypte ont montré la rigueur d’Hachem envers les Égyptiens, qui ont été trop loin dans la souffrance qu’ils ont infligé au Klal Israël.
Nous avons une mitsva d’aimer Hachem, mais aussi une mitsva de Le craindre. Or si la vie se passait toujours comme nous l’entendions, sans que nous ayons la moindre épreuve ou difficulté, cela nous permettrait de développer, dans le meilleur des cas, notre reconnaissance et notre amour envers Hachem. Mais cela ne nous permettrait pas de Le craindre. Car si on n’a jamais eu d’autorité face à nous, si personne ne nous a jamais fait peur ni imposé quoi que ce soit, on n’arrive pas à ressentir de la crainte.

A contrario, une personne qui a été très éprouvée, qui a traversé beaucoup de difficultés, arrive (dans le meilleur des cas) à craindre Hachem, mais elle a du mal à L’aimer.

L’ouverture de la Mer Rouge, cependant, nous indique comment arriver à aimer Hachem et à Le craindre.
Les plaies d’Egypte montrent la rigueur d’Hachem envers les Égyptiens. En effet, les lois de la nature ne fonctionnaient plus normalement envers eux (puisque, par exemple, l’eau devenait du sang), mais seulement envers les Bené Israël. Elles étaient donc une sanction envers les Égyptiens, pour le mal qu’ils ont fait aux Bené Israël, et montraient donc la rigueur d’Hachem envers eux.
La traversée de la Mer, par contre, montre à la fois l’amour d’Hachem envers les Bené Israël (qu’Hachem a sauvé) et Sa rigueur envers les Égyptiens (qu’Il a ensuite noyé).
La crainte qu’ont alors ressenti les Bené Israël ne provenait pas seulement d’une manifestation de Sa rigueur, mais du fait qu’Il a exprimé au même moment de la rigueur et de la miséricorde.
A la fin de parachat Béha’alotekha, nous voyons aussi un moment où Hachem a exprimé Sa rigueur et Sa miséricorde. En effet, lorsque Myriam a eu la tsaraat pour avoir dit du lachone hara sur son frère Moché, d’un côté elle a dû être isolée (et c’est alors la rigueur d’Hachem qui s’est exprimée); mais d’un autre côté, Hachem, dans sa miséricorde, a demandé à ce que tout le peuple l’attende, et ne poursuive pas son voyage avant qu’elle soit guérie (comme l’explique Rachi, Il l’a ainsi récompensée pour avoir surveillé son frère Moché lorsqu’il était encore bébé et qu’il avait alors été déposé sur le Nil).
Ceci nous enseigne un grand message: même dans les moments de difficultés, nous pouvons voir la bonté d’Hachem.
Celle-ci n’est alors pas toujours évidente à voir mais si on la cherche, on la trouve.

Un Juif arrive à voir la bonté et la miséricorde d’Hachem même lorsqu’Il lui dit « Non! » (c’est-à-dire même lorsque les choses ne se passent pas tel que lui  l’aurait voulu). La spécificité du peuple juif, c’est d’être capable d’entendre un non d’Hachem.
Le Midrash raconte, en effet, qu’après que Chelomo Hamélekh ait construit le Beth Midrash, il a demandé à Hachem:

-de toujours accepter la tefila qu’un goy viendrait y faire;
-mais de n’accepter celle d’un Juif que si c’est bon pour lui (pour ce Juif).
Car seuls nous, Juifs, qui avons traversé la Mer Rouge, sommes capables d’entendre un non d’Hachem. De déceler Sa ra’hamim (miséricorde) même dans les moments de din (rigueur).
Car nous, Juifs, savons que même derrière les plus grandes difficultés se cache une énorme bonté d’Hachem.

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