Se dépasser lors de l’accomplissement d’une mitsva

La Guemara Kidouchin rapporte que des Juifs sont allés voir un non-juif nommé Dama ben Nétina pour lui acheter une pierre précieuse dont ils avaient besoin pour l’un des habits du Cohen Gadol (le חשן).

Mais Dama ben Nétina n’a pas voulu la leur vendre, parce que la clé du coffre où se trouvait cette pierre était sous la tête de son père, qui, à ce moment-là, se reposait. Et pour ne pas réveiller son père, Dama ben Nétina choisit de ne pas vendre cette pierre, même s’il savait que cette décision l’empêchait de recevoir une très grande somme d’argent.

L’année suivante, D. fit en sorte qu’une vache rousse naisse dans le troupeau de Dama ben Nétina, et celui-ci pu alors la vendre à des Juifs, pour qu’ils puissent l’utiliser pour accomplir la mitsva de para adouma.

La para adouma (vache rousse) servait à purifier de l’impureté résultant d’un contact avec un mort, mais aussi (comme le rapporte Rachi au nom de Rabbi Moché Hadarshane) à expier la faute du Veau d’or.

En effet, de même que si le fils d’une servante faisait des saletés dans le palais du roi, ce dernier demanderait à la servante de les nettoyer, de même la vache (la para adouma/la vache rousse) « nettoie les saletés de son fils ». Elle expie la faute du veau (la faute du Veau d’or).

La faute du Veau d’or a été tragique. Elle a marqué le Klal Israël. En effet, les ‘Hakhamim disent qu’encore de nos jours, lorsque nous payons pour une faute, nous payons aussi un peu pour la faute du Veau d’or.

Mais rapport y a-t-il donc entre la mitsva de para adouma et la faute du Veau d’or, pour que l’une soit l’expiation de l’autre ?

Pour fabriquer le Veau d’or, les Bené Israël ont donné beaucoup de leur or et de leur argent. Ils ont été généreux, mais pour une faute.

Par contre, Dama ben Nétina a été prêt à renoncer à une très grosse somme d’argent pour ne pas réveiller son père. Ceci a entraîné une grande accusation contre le Klal Israël dans le Ciel: les anges ont dit à Dieu: « Regarde comme les nations sont capables de faire la mitsva de kiboud av (honorer son père) de façon tellement belle ! ».
D.ieu a donc fait en sorte que naisse dans le troupeau de Dama ben Nétina justement une vache rousse pour que des Juifs viennent ensuite l’acheter et qu’ils montrent (en achetant cet animal si rare -et donc très cher- pour pouvoir accomplir une mitsva) que pour une mitsva, on n’économise pas. On est prêt à payer le prix qu’il faut.

Ainsi, l’accusation des anges (« Regarde comment les non-juifs sont prêts à dépenser beaucoup d’argent pour une mitsva! ») a pu être contrée. Hachem a, en effet, pu leur répondre: « Regardez comment Mes enfants, dans cette même maison, sont prêts à dépenser des sommes faramineuses pour pouvoir accomplir la mitsva de para adouma comme il faut! ».

C’est en cela que la mitsva de para adouma expie la faute du Veau d’or. Parce qu’au delà d’expier simplement cette faute, il fallait montrer combien nous sommes capables de donner pour une mitsva.

Si nous avons été capables de participer à haut niveau à la faute du Veau d’or, le moyen de réparer celle-ci consiste peut-être à donner beaucoup pour la mitsva. À être prêts à tout donner pour accomplir la mitsva de la meilleure manière possible.

Il y a des domaines où il est bon d’économiser. Mais lorsqu’il s’agit d’une mitsva, il faut être fort, il faut être capable de se dépasser.

Lorsqu’Hachem voit que nous faisons des efforts pour accomplir une mitsva, Il nous donne une berakha.

Et même si celle-ci n’est pas forcément visible, elle existe, elle est vécue et elle est réelle.

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