Lekh-Lekha : Yaakov, Israël et le rapport au chiffre 26

Dans la paracha de Lekh Lékha, Hachem dit à Avraham (qui s’appelait alors Avram) : « Lekh lékha méartsékha oumimoladetékha oumibeth avikha el haarets acher aréka (Vas pour toi, de ton pays, de ta ville natale, de la maison de ton père, vers la terre que Je t’indiquerai.) ».

Puis Il va faire à Avraham Avinou plusieurs bénédictions, en lui disant notamment :

– vééesskha légoy gadol: Je ferai de toi un grand peuple ;

– vaavarékhékha: Je te bénirai ;

– vaagadéla chémékha: J’agrandirai ton nom;

– véhyé bérakha: et tu seras source de bénédiction.
A propos de ces bénédictions, Rachi explique que lorsqu’un homme est en voyage, il a moins la possibilité:

– D’avoir des enfants car, du fait de ses déplacements, il n’a pas la tranquillité nécessaire à cela.

– De gagner de l’argent car, là aussi, ses déplacements entraînent un manque de stabilité, et donc une difficulté à réaliser des bénéfices.

– D’avoir une bonne réputation car puisqu’il n’est que de passage dans certains endroits, les gens le connaissent moins que dans la ville où il habite généralement.

C’est pourquoi, d’après Rachi, lorsque D.ieu demande à Avraham de partir en voyage, il le rassure sur le fait que ce départ ne lui occasionnera aucune des trois pertes habituelles. Au contraire !
Il entraînera chez lui une grande descendance (vééesskha légoy gadol), de la berakha dans l’argent (vaavarékhékha) et une réputation encore meilleure (vaagadéla chémékha).

Au sujet des mots « vaagadéla chémékha », Rachi donne une seconde explication: par ces termes, D.ieu annonce à Avraham qu’un jour, Il ajoutera une lettre à son prénom. Et ainsi, lui qui s’appelait Avram va s’appeler Avraham. Autrement dit, D.ieu a ajouté à son prénom la lettre hé (Il a aussi mis cette lettre dans le prénom de Sarah qui, auparavant, s’appelait Saraï).

Rachi donne une dernière explication concernant les bénédictions que D.ieu a donné à Avraham après lui avoir dit « Lekh Lékha » :

– vééesskha légoy gadol : zé chéomrim Eloké Avraham

– vaavarékhékha: zé chéomrim Eloké Yits’hak

– vaagadéla chémékha: zé chéomrim Eloké Yaacov

Autrement dit:

– Lorsqu’on nous parle de la première bénédiction (celle d’avoir une grande descendance, un grand peuple), c’est pour cela que l’on dit « le Dieu d’Avraham ».

– Lorsqu’on nous annonce la prospérité dans l’argent, c’est pour cela que l’on dit « le Dieu de Yitshak ».

– Et lorsqu’on nous annonce « vaagadéla chémékha (J’agrandirai ton nom, autrement dit : je lui ajouterai une lettre) », c’est pour cela que l’on dit « Dieu de Yaacov ».

Au sujet de la dernière partie de ce Rachi, le Gaon de Vilna demande : quel lien y a-t-il entre la bénédiction de « vaagadéla chémékha »(qui a entraîné l’ajout d’une lettre dans le prénom d’Avraham), et le fait que l’on dise dans la Amida : « Eloké Yaacov » ?

Et il donne, à ce sujet, une explication magnifique :

Tous les jours, dans la Amida, nous disons: « Eloké Avraham, Eloké Yits’hak vÉloké Yaacov ». Comment se fait-il que nous disions « Eloké Yaacov », et pas « Eloké Israël » ? N’aurait-il pas été plus logique de désigner Yaacov par le second prénom qu’il a reçu, de même qu’Avraham est désigné par « Avraham » et non par le prénom Avram, qui était le sien avant d’être modifié ?

Le Gaon répond que l’on dit « Eloké Avraham, Eloké Yits’hak vEloké Yaacov » (et non pas « vEloké Israël ») car, si on compte le nombre de lettres contenues dans ces mots, lorsqu’on les écrit en hébreu, on arrive au chiffre 26, correspondant à la valeur numérique du Tétragramme.
Autrement dit, ces mots font allusion au Nom d’Hachem Youd-Ké-Vav-Ké.

Le Gaon de Vilna fait d’ailleurs remarquer qu’une allusion à cette explication se trouve dans le verset de Téhilim qui dit « Loulé Hachem chéhaya lanou yomar na Israël »; car ces mots peuvent se comprendre ainsi :
Si ce n’était Hachem (c’est-à-dire le chiffre 26 que nous obtenons en disant « Eloké Yaacov »), nous aurions dit « Eloké Israël ». Sous-entendu : il est vrai que dans la Amida, on aurait dû dire « Eloké Avraham, Eloké Yits’hak vEloké Israël »? Mais pour arriver au chiffre 26 (par la somme des lettres de ces six mots), on dit « Eloké Yaacov » au lieu de « Eloké Israël ».

Puis le Gaon pose une autre question. Il demande: pourquoi est-ce qu’on ne dit pas « Eloké Avraham Eloké Yits’hak Eloké Israël » ? Car, ainsi, le total de 26 lettres serait aussi atteint !

Et il donne une réponse toute simple: grammaticalement, en hébreu, lorsqu’on énumère une liste d’éléments, un vav figurera forcément avant le dernier élément de la liste.

Le Gaon de Vilna déduit de là que tout le raisonnement que nous venons de faire ne se tient que parce que D.ieu a dit à Avraham « vaagadéla chémékha », que parce qu’Il a ajouté au prénom d’Avraham (qui, au départ, était « Avram »), la lettre hé.
En effet, c’est parce qu’Avraham a eu un agrandissement de son nom que nous disons « Eloké Yaacov ». Sinon, s’il avait continué à s’appeler Avram, nous aurions pu dire « Eloké Israël » tout en obtenant un total de 26 lettres.

Dès lors, l’explication de Rachi « vaagadéla chémékha: zé chéomrim Eloké Yaacov » devient limpide :

C’est parce qu’Avraham a reçu la bénédiction de vaagadéla chémékha qui implique que D.ieu va agrandir son nom en y ajoutant la lette hé, que nous disons, dans la Amida, « Eloké Yaacov » et pas « Eloké Israël ».

 

 

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