Paracha Vayéchev : Stupeur dans un hospice.

En Israël, dans une maison de retraite dans laquelle ne logeaient que des personnes juives religieuses, une dame fut un jour placée, pour pouvoir avoir un suivi médical, et peut-être même un suivi tout court.

Chacun à son tour, ses enfants et petits-enfants venaient régulièrement la voir. Mais, avec le temps, ils commencèrent à l’oublier. Leurs visites devinrent de moins en moins fréquentes, chacun étant occupé avec sa propre famille et ses propres activités…

La dame âgée fut peinée de constater qu’elle vivait ses dernières années de vie loin de ses enfants et petits-enfants, alors qu’elle avait la chance d’en avoir…

Un jour, les enfants de cette dame furent appelés, et on leur annonça… le décès de leur maman !

Il fallait donc procéder à l’enterrement, et à la semaine de deuil. Cela fut fait sans tarder, mais, durant les jours de deuil, au-delà de la douleur d’être séparés d’un être cher, les enfants et petits-enfants éprouvaient surtout un sentiment de culpabilité. Ils regrettaient de ne pas s’être davantage occupés de leur mère et grand-mère… Ils se rappelaient avoir souvent dit: « Ah, je n’ai pas le temps cette semaine! J’irai la voir la semaine prochaine »… Ils se rappelaient des nombreuses fois où ils auraient dû au moins l’appeler au téléphone (à défaut de pouvoir se déplacer pour aller la voir), et où ils ne l’avaient pas fait…

Et puis, de discussion en discussion, ils s’enferment véritablement dans ces regrets et dans cette remise en question… Mais bon, les choses sont ce qu’elles sont… Les jours de deuil passent les uns après les autres (évidemment dans un respect sans pareil, puisqu’on veut, au moins après son décès, donner à cette maman le respect qu’on pense lui devoir, et qui est véritablement justifié).

Mais l’histoire n’est pas terminée. Elle ne fait peut-être que commencer…

Le cinquième jour de deuil, alors que toute la famille est toujours réunie dans la maison de l’un des enfants, le téléphone sonne. Un des enfants s’approche du téléphone et le prend. Et à peine entend-t-il la voix qu’il tombe à la renverse! Il s’évanouit véritablement! Alors on le réveille comme on peut, et on lui demande ce qu’il se passe. Mais il n’arrive même plus à parler…

Le téléphone sonne alors une deuxième fois. Une autre personne décroche. Mais là aussi, même réaction: elle s’évanouit. Il faut absolument la réanimer très vite car elle va mal… Et là, la fille chez qui le deuil avait lieu s’approche du téléphone, et décide que, la prochaine fois, ce sera elle qui répondra!

Au bout d’un moment, le téléphone sonne… La fille décroche et elle manque de s’évanouir elle aussi, car la personne au bout du fil n’est autre que.. sa propre mère! La personne pour qui tout ce deuil a été pris était donc encore bien vivante!! Mais comment était-ce possible ?? Le directeur de la maison de retraite n’avait-il pas dit que… Et si cette dame (dont tous les enfants prenaient ensemble le deuil) était vivante, qui donc avait été enterré à sa place ??

La mère (que tout le monde pensait décédée) ne comprend pas ce qu’il se passe: pourquoi, à l’autre bout du fil, personne ne lui répond ? Pourquoi ses enfants et petits-enfants ne viennent-ils plus la voir depuis si longtemps ?

Elle fait part à sa fille de ses inquiétudes mais celle-ci ne sait évidemment pas quoi lui répondre…

Elle lui demande de patienter quelques instants, puis elle demande à son frère d’appeler rapidement la maison de retraite pour tenter de comprendre ce qu’il s’est passé… Quelle était donc la personne qui y était véritablement décédée ?

Et pourquoi leur a-t-on dit qu’il s’agissait de leur mère ?

La fille demande alors à sa mère: « Mais où es-tu ? », et la mère répond: « Je suis dans ma chambre, dans la maison où vous m’avez placée! ».

De son côté, le frère de celle qui avait décroché le téléphone (et donc le fils de la dame censée être décédé) appelle de son portable la maison de retraite. Il demande à parler à sa mère, mais on lui répond que celle-ci est déjà en ligne… Et là tout le monde réalise que celle qu’ils croyaient décédée est bel et bien VIVANTE!!

La mère n’est pas morte, elle n’a pas été enterrée, et il n’y a donc pas à s’endeuiller pour elle…

La fille annonce alors à sa mère qu’ils vont venir la voir. Elle réunit ses frères et sœurs (qui sont évidemment fous de joie!), et ils vont voir leur mère.

La mère, étonnée de recevoir la visite de tous ses enfants en même temps, leur demande: « Comment se fait-il que vous soyez tous là ? ». La fille prend alors son courage à deux mains, et raconte à la mère ce qu’ils viennent de passer…

Les enfants profitent alors de l’occasion pour s’excuser auprès de leur mère pour ne l’avoir pas toujours respectée et estimée à sa juste valeur, de ne pas lui avoir tout le temps apporté l’aide dont elle avait besoin… Et ils s’engagent à être plus vigilants sur cela à l’avenir.

Puis ils font venir le directeur et, ensemble, ils cherchent à savoir qui est la femme qui est décédée et qui a été enterrée, puisque ce n’est finalement pas leur mère…

Le directeur est alors pris de panique: Combien de tracas a-t-il causé à tort à ces enfants, en leur faisant croire que leur mère était morte! Mais surtout, comment va-t-il s’y prendre maintenant pour annoncer à la famille de la personne décédée qu’un de leurs êtres chers a quitté ce monde depuis plusieurs jours déjà ??

Le directeur entreprend des recherches, et trouve que la dame qui était réellement décédée n’avait qu’un seul enfant, un fils unique. Il essaye de joindre celui-ci, et qu’elle n’est pas sa stupeur lorsqu’il l’entend dire (avant même qu’il puisse terminer sa phrase et dire à ce fils que sa mère avait été enterrée depuis plusieurs jours déjà…) très froidement: « Ma mère est décédée ? Faite donc tout le nécessaire pour l’incinérer, mettez ses cendres où vous voulez, et vous m’enverrez la facture! ».

Après avoir raccroché (et encore sous le choc de ce qu’il vient d’entendre), le directeur interroge des personnes qui ont fréquenté cette dame durant les dernières années de sa vie, et il apprend ainsi une chose terrible: cette femme était en grand conflit avec son fils unique, qui n’hésitait pas à lui dire des mots aussi cruels que: « Sache qu’aujourd’hui tu es forte parce que tu es vivante, et que tu te permets de décider de certaines choses!  Mais sache que le jour où tu mourras, je te ferai incinérer, et je ferai en sorte que tu n’aies pas d’enterrement religieux! Et là je pourrai décider moi-même de ton avenir. Car toi, tu ne pourras plus donner ton avis, une fois que tu seras sans vie! ».

Les voisins et voisines de cette dame savaient combien celle-ci pleurait et priait Hachem, en Lui demandant que les desseins de son fils n’aboutissent pas. Qu’elle puisse mériter d’avoir un enterrement juif, un enterrement religieux!

Après avoir entendu tout cela, le directeur dit aux enfants auxquels il avait fait croire par erreur que leur mère était décédée: « Regardez le mérite qu’a eu cette femme qui est effectivement décédée! ». Et il leur raconte toute l’histoire…

Cette histoire montre combien les tefilot de cette femme (qui appréhendait de ne pas être enterrée comme la Halakha l’exige) ont été entendues. Cette femme a tellement prié que ses tefilot ont été exaucées! Elle a donc pu être enterrée kédat Moché véIsraël, c’est-à-dire comme la Halakha le demande. Et plus que cela: un deuil a même été fait pendant plus qu’une semaine, alors que son fils ne l’aurait jamais fait…

Les enseignements que nous pouvons tirer de cette histoire sont nombreux, mais nous y voyons notamment:

1) L’immense impact que peuvent avoir des tefilot: combien de bouleversements ont eu lieu pour que les tefilot de cette femme (qui avait tant prié) puissent être exaucées!

2) Le grand respect que nous devons à nos parents.

Dans la paracha de la semaine, nous voyons combien de peine Yaacov a eu lorsqu’on lui a annoncé que son fils Yossef avait été déchiqueté (les Chevatim, conscients de cette peine, ne voulaient pas dire à leur père Yaacov qu’en fait son fils Yossef avait été vendu). Et combien de joie il a ressenti lorsqu’on lui a annoncé que son fils était toujours vivant !

Quelque part, ici, notre devoir est de savoir que lorsqu’on a la chance d’avoir un parent ou un grand-parent en vie, en bonne ou en moins bonne santé, on n’imagine pas à quel point il est important de l’entourer même lorsqu’il ne sait peut-être plus s’exprimer ou qu’il se dégrade physiquement.

C’est notre responsabilité à nous, enfants et petits-enfants, d’entourer ces personnes, de les considérer, de les valoriser. De leur donner beaucoup de chaleur et beaucoup d’amour.

 

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