Tetsavé : La puissance de l’écoute.

Il y a quatre manières de comprendre la Torah:

-le sens littéral (le pchat);

-l’allusion (le rémèze);

-l’explication du Midrah (le drash);

-et le sens ésotérique (le sod), c’est-à-dire la Kabala, le Zohar.

Le ben Ich Hai a réussi à fusionner le sens ésotérique (le sod) avec le sens littéral (le pchat), pour nous le présenter. De plus, ce même commentateur fait parler les lettres de la Torah: selon leur valeur numérique, leur position dans l’alphabet ou leur position dans le mot, il va trouver des explications à nous enseigner, et c’est ce qui fait la beauté de son commentaire (qui ressemble un peu à celui de Rabbi Yaacov Abou’hatsira, qui lui aussi fait parler les lettres).

L’alphabet hébraïque comporte 22 lettres, et chacune d’entre elles a une valeur numérique:

-les lettres de א à ט sont les unités (la lettre א vaut 1, la lettre ב vaut 2 etc…, jusqu’à la lettre ט qui vaut 9);

-les lettres de י à צ sont les dizaines (la lettre י vaut 10, la lettre כ vaut 20 etc…, jusqu’à la lettre צ qui vaut 90);

-les lettres suivantes (ק,ר,ש,ת) valent respectivement 100, 200, 300 et 400;

-et les lettres correspondant à 500, 600, 700, 800 et 900 sont les lettres finales, c’est-à-dire le khaf final (ך), le mem final (ם), le noun final (ן), le pé final (ף) et le tsadik final (ץ) [dans le langage de la Kabala, ces lettres s’appellent מנצפך].

Chacune des lettres de l’alphabet hébraïque a une valeur numérique.

La Guemara Arakhin (16a) parle des habits du Cohen Gadol, et Rabbi Anani bar Sassone y demande: pourquoi la Torah a-t-elle juxtaposé le texte des korbanot, des sacrifices, à celui des bigdé kéhouna (habits du Cohen) ?

Et il répond: car de même que le korbane sert à expier les fautes d’une personne, les habits du Cohen Gadol avaient le potentiel et la force d’expier les fautes de tout Israël.

Aussi, chaque habit du Cohen avait pour mission d’expier une faute:

-le mikhnassayim (le pantalon blanc du Cohen) servait à pardonner les fautes de l’adultère;

-les kétonet (qui était aussi blanches, mais portées sur la partie supérieure du corps) servaient à pardonner les fautes du meurtre;

-le méil (le manteau, qui était bleu) servait à pardonner les fautes du lachone hara;

-le éfod (qui était rouge) servait à pardonner la faute de l’idolâtrie;

-le avnet (le nœud) servait à pardonner les mauvaises pensées;

-le ‘hochène (le pectoral) servait à pardonner les erreurs des tribunaux et le fait de tenir rigueur;

-le tsits (la plaque jaune qui était sur le front du Cohen Gadol) servait à pardonner l’effronterie;

-et le chapeau qui était blanc servait à pardonner l’orgueil.

La Torah (dans Chemot 28-36) nous dit: « Tu feras un tsits en or pur ».

A l’intérieur du tsits, il y avait le שם המפורש (le Nom d’Hachem de 72 lettres).

Le Ben Ich Hai dit que le tsits représentant toutes les âmes du peuple juif lorsqu’elles étaient dans Adam Harishone avant la faute. Toutes les néchamot des Bené Israël étaient dans Adam Harishone. Celui-ci n’a donc pas fauté tout seul!

Lorsqu’il a fauté, 90 néchamot sont montées en haut, 10 sont restées dans son corps, et 900 néchamot sont malheureusement parties dans les kelipot, dans les parties impures du monde (et le rôle que nous avons, c’est d’essayer de retirer ces néchamot des kelipot, et de les remettre dans le bien).

Or les lettres hébraïques correspondant aux chiffres 90, 10 et 900 sont respectivement tsadik, youd et tsadik final. On obtient donc le mot ציץ (tsits). C’est pourquoi le Ben Ich Hai nous dit que le tsits représente les néchamot du peuple juif.

Ce même commentateur nous dit que lorsqu’Hachem a voulu créer le monde, Il est lui est venu à l’idée (en Hébreu עלה במחשבתו, c’est-à-dire littéralement: « il est monté dans Sa pensée »), si on peut s’exprimer ainsi, de créer d’abord les néchamot des Bené Israël. C’est pourquoi on met le tsits à l’endroit de la pensée (vers le front). ,

Au sujet du ץ (tsadik final), dernière lettre du mot ציץ, les ‘Hakhmé hamékoubalim, les kabalistes, disent que c’est avec cette lettre que le peuple juif aura le mérite d’être délivré, et que le Machia’h pourra venir.

Pourquoi le tsits symbolise-t-il donc la libération, le Machia’h ?

Le Ben Ich Hai explique que le tsits était מוקף מאוזן לאוזן, attaché par les deux oreilles. Or l’oreille représente le כח השמיעה, la force d’écouter.

Dans notre génération, où on n’a pas beaucoup le temps d’écouter, c’est là où il faut essayer de lutter pour prendre un petit peu le temps d’écouter son prochain car cela est une preuve d’humilité, montre qu’on ne se suffit pas de soi-même, qu’on reconnaît qu’on ne connaît pas tout. On va essayer d’écouter quelqu’un d’autre; et même si on connaît déjà ce qu’il va dire, on va essayer de l’écouter jusqu’à la fin. Grâce à cela, nous dit le Ben Ich Hai, on aura la chance de faire venir le Machia’h. Pourquoi ?

Car dans l’alphabet hébraïque, les lettres qui suivent le מ, le צ et le ח (qui composent le mot מצח, désignant l’endroit sur lequel on mettait le tsits) sont respectivement le נ, le ק et le ט (qui forment le mot קטן, qui signifie « petit »).

Le tsits rappelle donc l’importance de se faire petit.

Le מצח nous donne donc la chance de pouvoir réfléchir, mais aussi celle de pouvoir se faire petit afin de laisser la place à l’autre.

Télécharger

Vous devez avoir un plan d'abonnement payant pour accéder aux téléchargements.
J'ai déjà un compte | Abonnez-vous maintenant

Tags

Tags:

Le rabbin

Dernières vidéos dans cette catégorie

Dernières vidéos de ce rabbin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *