Vivre en harmonie avec soi même

aron

Dans la paracha de Térouma, la Torah nous dit: « ועשו ארון עצי שיטים וציפית אתו זהב טהור מבית ומחוץ זהב טהור תצפינו ».

Ces mots signifient que le Aron était fait en bois de Chitim, et recouvert d’or à l’intérieur et à l’extérieur. Et la Guemara explique ce verset en disant que tout érudit en Torah (et en fait, tout בן ישראל; car, comme on le verra, cela concerne tout Juif, religieux ou non) doit être à l’extérieur comme à l’intérieur. C’est-à-dire que son extériorité, l’image qu’il véhicule à l’extérieur, ne doit pas contredire son intérieur (ce qu’il est vraiment).

Pourtant, nous voulons parfois devenir meilleurs, tout en sachant pertinemment que nous n’avons pas encore atteint ce niveau. N’avons-nous alors pas le droit, dans ce cas, d’avoir l’air mieux que ce qu’on est pour l’instant ? Car sans cela, comment avancer ? Comment s’améliorer ?

A ce sujet, la Rabbanite Jungreis rapporte une parabole:

Une fois, dans un village, il y avait un vagabond qui faisait tellement de mal que tout le monde s’éloignait de lui. Un jour, cet homme voulut se marier avec la fille du roi de ce village, mais il ne savait pas comment faire. Car, en effet, comment pourrait-il, avec l’ignoble comportement qui était le sien, mériter une telle fille ? Tout le monde empêcherait la princesse de se marier avec un homme qui se comportait aussi mal, et le considérerait lui-même bien trop prétentieux d’envisager un tel projet !

Au bout de quelques mois, le vagabond eut une idée: il alla chez un fabricant de masques, et lui demanda de lui faire un masque qui donnerait envie de s’approcher de lui: le masque d’une personne pieuse et bonne.

Le masque fut fabriqué et le vagabond l’utilisa pour s’approcher, chaque jour un peu plus, de la fille du roi. Et, à un moment, elle-même voulut se marier avec lui. Mais évidemment, le vagabond avait des ennemis…. Et l’un d’eux décida, un jour, de se venger…

Il alla dans le palais du roi, dans lequel le vagabond séjournait depuis quelque temps, s’approcha de celui-ci, et lui arracha son masque. Il s’attendait ainsi à lui faire honte, car son horrible visage, son vrai visage, apparaîtrait enfin aux yeux de tous!

Quelle ne fut donc pas sa surprise lorsqu’il constata…que le visage qui était sous le masque était en fait identique à celui-ci!!

Il s’agit évidemment d’une parabole (le simple fait de porter un masque ne suffit pas pour changer de visage), mais son message est vrai. En effet, comme l’explique le Messilat Yécharim, l’extérieur influence l’intérieur. C’est-à-dire que le fait d’adopter tel ou tel comportement extérieur (même s’il n’est, au début, que superficiel) influence notre intérieur, c’est-à-dire ce que nous sommes vraiment.

Par conséquent, celui qui, par exemple, n’a pas encore l’habitude de se lever chaque matin pour la tefila ou d’étudier la Torah chaque jour ne doit pas se dire: « A quoi bon adopter de tels comportements, qui ne reflètent pas ce que je suis actuellement ? ». S’il a envie d’arriver à ce niveau, qu’il agisse comme s’il y était déjà et, un jour, il y arrivera vraiment !

Le fait de bien se comporter même si cela ne correspond pas encore à notre niveau comporte encore un autre avantage: celui de donner un bon exemple à nos enfants. Car, en effet, tant qu’un père ne se lève pas pour la tefila, comment peut-il demander à son fils d’être chaque matin à l’heure pour celle-ci ? Tant qu’un parent est désordonné, comment peut-il s’attendre à ce que son enfant soit organisé ?

Il est donc important d’adapter notre image à notre comportement. C’est ce qui nous permettra d’être un exemple, et d’aller au bout de nos ambitions.

 

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