י״ד באב ה׳תשפ״ב

Jusqu’où doit aller la hichtadlout ?

Pharaon rêve. Il est très perturbé car, dans son palais, personne ne parvient à interpréter ses rêves. On l’informe qu’au fond de ses geôles, croupit un esclave juif nommé Yossef. On sort Yossef de sa prison, et on l’amène devant Pharaon. Et, avant même de commencer, Yossef va dire: « Bil’aday, Elokim ya’ané eth chélom Par’o (Ce n’est pas moi, c’est Dieu qui va tranquilliser Pharaon) ».

Yossef rejette d’emblée et catégoriquement l’idée que l’interprétation qu’il va donner provient de son intelligence et de sa sagesse.

Yossef est le symbole-même du bita’hone bHachem. « Achré haguéver acher sam Hachem mivta’ho: zé Yossef (Heureux l’homme qui a placé toute sa confiance en Dieu: c’est Yossef) ».

Yossef, c’est la perfection dans la mida du bita’hone.

Pourtant, dans la paracha précédente (Vayéchev), il,est rapporté que ce même Yossef a écopé de deux ans de prison supplémentaire pour s’être adressé au sar hamachkim (au maître-échanson), afin que ce dernier intervienne en sa faveur (pour sa libération) auprès de Pharaon.

Les commentateurs soulèvent ici une question fondamentale: jusqu’où va la hichtadlout de l’homme ? Jusqu’où un homme doit-il s’investir ? Combien d’efforts doit-il déployer dans sa vie sans entacher la mida de bita’hon bHachem ?

Le ‘Hazone Ich zatsal apporte ici un éclairage sur cette question:

Il existe deux sortes de hichtadlout: une permise et une interdite.

Lorsque l’acte que je fais à de fortes chances d’aboutir et d’atteindre le but souhaité, alors on parle d’une hichtadlout permise.

Lorsqu’au contraire, il est quasi-certain que l’acte généré va déboucher sur une impasse, alors on parlera de hichtadlout interdite.

Il est dit que les Égyptiens étaient des réhavim, des gens orgueilleux. En s’adressant à l’un d’entre eux (le sar hamachkim était égyptien), Yossef a fait une mauvaise évaluation. Car sa tentative d’obtenir sa libération était vaine, sans lendemain, dans l’impossibilité d’aboutir.

Il y a donc ici un pgam, une atteinte au bita’hone bHachem, qui témoigne d’une absence de croyance en la yéchou’at Hachem. Par conséquent, cette hichtadlout n’entre pas dans le cadre de la hichtadlout autorisée.

La hichtadlout incombe à l’homme. Elle est nécessaire. Mais elle doit respecter certaines conditions, et ne pas franchir certaines limites.

Ainsi, si on multiplie les efforts parfois même démesurés pour atteindre tel ou tel objectif (ou même pour gagner sa vie), c’est qu’on pense que la réussite ne dépend pas de Dieu mais de l’homme.

Une hichtadlout de cette sorte est totalement prohibée. Elle est la manifestation d’un manque de confiance en Dieu.

Alors comment réaliser et exprimer la mida de bita’hone ?

Par la tefila.

La prière quotidienne et les bakachot (demandes personnelles), lorsqu’elles sont dites dans les moindres détails, sont l’expression-même de la mida de bita’hone, et renforcent celui qui les dit.

C’est le fondement-même de la tefila: le renforcement du bita’hone, de la conscience du fait que tout provient de Dieu.

Le ‘Hovot Halévavot explique qu’il est impératif, lorsqu’on adresse des demandes à Dieu, de le faire dans les moindres détails (qu’il  s’agisse de la parnassa, de la santé, de la réussite), et de demander à Dieu d’exaucer tous nos souhaits.

Pourtant, Dieu ne sait-Il pas ce qu’il nous manque ? Alors, à quoi bon détailler chaque demande ?

Le but des bakachot est de nous faire ressentir notre faiblesse: nous n’avons aucun pouvoir, aucune force pour obtenir quoi que ce soit. Tout ce que nous avons ne provient que de Dieu.

Par les bakachot, nous affirmons notre dépendance au Boré Olam, et cela renforce notée bita’hone en Lui.

Détailler les manques, les besoins, c’est reconnaître implicitement que tout provient de Dieu. Et cela contribue au renforcement de la mida de bita’hone.

 

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