Il brûle la preuve de ses dettes pendant Chabbat !

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A la cinquième Michna du second chapitre des Pirké Avot, Hillel dit: « אל תאאמין בעצמך עד יום מותך (ne crois pas en toi-même jusqu’au jour de ta mort) ». Sache que, jusqu’à la dernière seconde de ta vie, tu es accompagné par le yétser hara, par des forces spirituelles destructrices qui cherchent à te faire tomber ! Jusqu’au dernier instant, n’imagine donc pas pouvoir échapper à ce combat !

L’histoire de Yo’hanane Cohen Gadol qui, après avoir été Cohen Gadol pendant plusieurs dizaines d’années, est devenu tsédouki (saducéen). Mais Rav Ovadia Yossef, dans son Séfer Anaf Ets Avot, raconte l’histoire suivante, qui montre ce qu’un homme est capable de faire pour de l’argent, et qui rappelle par conséquent que, jusqu’au jour de la mort, il ne faut pas croire en soi.

Un homme connu pour sa bonté, et qui s’appelait Rabbi Yitshak, avait adopté chez lui un orphelin (qui était aussi son propre neveu). Cet homme, Rabbi Yitshak, avait des affaires avec Rabbi Moché. Et un jour, Rabbi Moché alla voir le Rav de la ville car, disait-il, Rabbi Yitshak lui devait milles roubles mais, au lieu de les payer, il s’entêtait à nier sa dette. Et Rabbi Moché ne pouvait pas supporter une telle perte financière (imaginons, de nos jours, ce que serait la perte de 200 000 euros…).

Quelques temps plus tard, le Rav de la ville convoqua Rav Yitshak au Beth Din.

Il écouta le plaignant et celui qui était l’objet de la plainte, puis conclut que Rabbi Yitshak devait payer les milles roubles. En entendant cela, celui-ci se mît à hurler: « Comment ? Mais vous n’avez aucune preuve !

Sur la foi d’une simple déclaration… ». Le Rav le prévint alors: « Écoute-moi bien! Je te dis que tu dois payer les milles roubles, et si tu m’oblige à dire pourquoi, ça ne va pas bien se finir pour toi! ».

L’autre s’énerva encore plus, et dit: « C’est vous le Rav de la ville ?  Pour qui vous prenez-vous pour m’accuser de vol sans aucune preuve ? Pour un prophète ? ».

Le Rav répondit: « Tu a reçu la reconnaissance de dettes que t’a envoyée Rav Moché ! Tu connais l’existence de cette lettre, que tu affirmes ne pas avoir reçue ! Et je peux même te dire que tu l’as reçue pendant Chabbat, et tu l’as brûlée pendant Chabbat! ».

A ces mots, l’assistance resta glacée, et Rav Yitshak s’effondra: il pleura, il demanda pardon au Rav, il fut prêt à recevoir toutes les punitions…

Le Rav lui dit alors: « Vous me prenez pour un saint ? Moi, je vais vous dire ce qui m’a mis sur la voie ». Puis il fit entrer dans la pièce un enfant: le fameux neveu que Rabbi Yitshak avait adopté !

C’était cet enfant qui avait aidé Rav Itshak à comprendre ce qu’il s’était réellement passé. Car, en effet, un jour, l’éducateur de l’enfant était venu voir le Rav de la ville, et il lui avait dit: « Je ne comprends pas ce que me raconte cet enfant: il me dit qu’il a vu son père transgresser Chabbat, alors qu’il est évident que son père est chomer Chabbat!

Je connais depuis longtemps cet homme, et je sais qu’il est religieux ! ».

Le Rav demanda alors à ce que l’enfant vienne lui parler et, au cours de la discussion qu’ils eurent ensemble, l’enfant raconta: « Pendant Chabbat, quelqu’un a toqué à la porte. Il a apporté un papier à mon père. Mais quand mon père a vu ce papier, il s’est mis à trembler… J’étais là parce que je devais sortir avec ma mère, mais j’ai vu que mon père, après avoir vérifié que personne ne le voyait, a jeté ce papier dans les nérot de Chabbat, qu’il l’a brûlé et qu’il l’a jeté par la fenêtre ! ».

Le Rav se tourna alors vers l’assistance, et lui dit: « Celui qui étudie la Torah lichmah, avec pureté, reçoit une aide spéciale d’Hakadosh Baroukh Hou.

Le Dayane qui juge avec droiture est aidé par D.ieu. Et, baroukh Hachem, j’ai été aidé, car je me suis toujours efforcé de juger avec droiture.

Mais il y a un autre élément à retenir de cette histoire: c’est qu’un homme était prêt à tout pour ne pas payer milles roubles. Qu’est-ce qu’un homme ne ferait pas lorsque le yétser hara l’attaque! Et qu’est-ce qu’un homme ne ferait pas pour se cacher une fois que tout le monde a le dos tourné!

 » Ne crois pas en toi jusqu’au jour de ta mort ! Chacun a un yétser hara dans un domaine: certains dans le vol, d’autres dans les mœurs…

Cette histoire montre aussi que, comme le dit aussi Pirké Avot mais à un autre endroit (chapitre 4, Michna 2), « avéra gorérét avéra (une avéra entraîne une avéra) ». Même Rabbi Yitshak, qui pourtant respectait la Torah et les mitsvot, et qui était un homme bon et généreux, n’était pas à l’abri de cette volonté de ne pas perdre d’argent. Il était prêt à transgresser Chabbat pour cela ! Et pourtant, il en avait de l’argent…

Tant qu’on est dans ce monde, on est en lutte. Et celui qui s’imagine qu’il a terminé ce combat se trompe lourdement. Car le yétser hara le guette, et un jour, il l’attaquera puissamment, et précisément dans le domaine dans lequel il ne s’est pas travaillé. Rabbi Yitshak était un homme de hessed, mais il n’avait jamais été confronté à une épreuve dans laquelle il pouvait perdre de l’argent. Et il n’imaginait donc même pas que c’était possible…

A Jérusalem, dans le quartier de Har ‘Homa, un Rav (Rav Elia Lamrami) a ouvert un Beth Hakneset et, du matin au soir,  il y a toujours du monde ! Un homme que cela étonna demanda au Rav des explications. Et le Rav lui dit: « Il y a ici un homme qui faisait des affaires, et qui a tout perdu. Mais il s’est rendu compte qu’il lui restait quand-même une chose à faire dans la vie: aider à la diffusion de la Torah. Et pour encourager les gens à étudier la Torah, que fait-il ? Du matin au soir, en chantant, il lave le Beth Hamidrash, pour que les gens soient heureux d’y étudier ! Et il est content de cela, même si, il y a quelques années, il était milionnaire (et ne se serait donc probablement jamais adonné à ce genre de tâches) !

On raconte aussi que chaque Chabbat, le père de Rav El’hanane Wasserman (élève du ‘Hafets ‘Haïm, qui nous a transmis son enseignement) nettoyait le hékhal et la bima de sa Synagogue… avec sa cravate !

Tout cela nous montre qu’il y a deux types de personnes: celles qui ont compris qu’il y a un combat à mener, et celle qui ont décidé de se mettre en vacances.

Ces dernières, oisives, cumuleront du vide; alors que les premières, qui essayent continuellement de s’améliorer, seront véritablement vivantes.

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