La honte sauve de la mort !

Dans parachat Vaéra, la Torah nous dit :

וידבר ה’ אל משה ואל אהרן ויצום אל

בני ישראל ואל פרעה מלך מצרים
Au sujet des mots ואל פרעה employés ici, Rachi explique qu’Hachem a demandé à Moché et Aharon de s’adresser à Pharaon avec respect.
Pourtant, Pharaon était un homme particulièrement cruel :
– lorsqu’il a eu la lèpre, il a ordonné qu’on égorge des enfants pour se baigner dans leur sang ;
– c’est lui qui a ordonné de jeter les nouveaux nés garçons au Nil ;
– lorsque les Béné Israël n’avaient, selon lui, pas produit assez de briques, il mettait des bébés juifs à la place des briques manquantes…
Pourquoi donc fallait-il le respecter ? N’était-il pas, au contraire, plus logique de lui parler très durement puisqu’il était lui-même très cruel ?
Lorsqu’une personne a honte, toutes ses fautes lui sont pardonnées. Si Moché et Aharon avaient fait honte à Pharaon, celui-ci aurait été pardonné de toutes ses fautes ; et Hachem n’aurait donc pas pu envoyer les makot (plaies) sur l’Egypte. C’est pourquoi il fallait s’adresser à lui avec respect, malgré sa cruauté.
Lors de la guerre de l’indépendance, en Israël, les Juifs étaient dans des abris. Dans l’un des abris, se trouvait une femme particulièrement insupportable, qui n’arrêtait pas de critiquer et d’humilier ceux qui se trouvaient avec elle dans l’abri.
Un jour, excédés de devoir supporter tant de souffrances en plus de la guerre, ces gens racontèrent au fils du Admour de Tsvil ce qu’ils subissaient, afin qu’il  leur dise s’ils avaient le droit de renvoyer cette dame de l’abri.
Le Rav répondit : « La Halakha permet de chercher un autre abri pour cette dame et de lui demander gentiment de s’y rendre. Cependant, je voudrais vous raconter une histoire :
Mon père, l’Admour, était responsable d’un Talmud Torah. C’est lui qui s’occupait de ramasser de l’argent pour le faire fonctionner.
Nous avions une sœur très malade. Et un jour où sa vie était particulièrement en danger, mon père est sorti. Il s’est rendu chez une dame très aigrie, et lui a demandé de l’argent pour le Talmud Torah. La dame a commencé à l’insulter, elle l’a grandement humilié. Et lorsque mon père est rentré à la maison, l’état de santé de ma sœur s’était considérablement amélioré.
Chaque fois que les médecins disaient qu’il n’y avait plus rien à faire, mon père cherchait quelqu’un qui pourrait lui faire honte ; il était humilié, et ma sœur guérissait.
Un jour, cependant, il ne trouva personne pour l’humilier ; et ma sœur est décédée.
Vous avez effectivement le droit de demander à la dame qui vous rend la vie amère d’aller dans un autre abri. Mais peut-être est-ce précisément la souffrance qu’elle vous inflige qui, en ce temps de guerre, vous sauve la vie. »
Nous ne devons pas chercher à être humiliés, et toujours faire attention à ne pas causer d’humiliation. Mais si hass véchalom quelqu’un nous fait honte, au lieu de s’énerver ou d’être tristes, sachons apprécier l’opportunité qui nous est donnée : celle d’être pardonné de toutes nos fautes et, par conséquent, d’être plus facilement exaucé dans nos prières.
Une berakha donnée par une personne qui a été insultée mais n’a pas protesté a une force particulière dont il serait dommage de ne pas profiter…

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